courrier du coeur

 

Chers éditeurs défenseurs de l’indépendance et de la liberté,

je suis trop content d’avoir de vos nouvelles à vous tous, par email posts, statuts, articles, collègues,potes, discussion de bistro et autres, ça faisait un bail ! tout cette censure que je lis partout sur tous mes réseaux c’est terrifiant, aussi si vous avez besoin de visibilité je peux vous louer ma fenêtre d’où on pourra voir une banderole « SAUVEZ MES PATRONS POUR QU’ILS ME PAYENT !!!!!! » jusqu’au sacré coeur au moins, pour un effet bouche à oreilles garanti. Je pourrais aussi faire un fanzine de soutien (ma boite à livres locale est très fréquentée !), mais j’ai plus de toner.

Je suis vraiment désolé pour vos drames de distributeur, c’est vraiment pas de bol après la peinture de vos locaux qui s’écaille et qu’il faut refaire, vos espaces de stockages qui sont trop petits ou trop grands je sais plus, vos locations de galeries, boutiques, gîtes, succursales et autres niches à vous miner le moral, la menace sur la liberté d’expression des subventions et les chiens à manger vos devoirs par dessus le marché. C’est quand même moche autant de malchance depuis tout ce temps et  ça me fait une sorte de fussoire.

Si ça peut vous remonter le moral, de mon côté ça va super bien ! j’ai renvoyé l’huissier venu chercher Patatorine pour lui faire les gros yeux et j’ai dit que y’avait pas de Patatorine  ici MDR vous auriez vu sa tête !!! bon ils m’ont quand même retrouvé, zut.

Bé oué  je devais plein de sous parce que j’avais touché une bourse y’a deux ans et j’avais pas vu la case du prévisionnel comme un couillon (vu que je suis plus au courant de rien, les professionnels m’ont viré à coups de pieds au cul de toutes les trucs de pros vu que j’aime pas le travail surtout quand il est pas payé) et parce qu’il fallait que je m’occupe d’urgence de mon boulot interim de muse-stripteaseur-clown autogéré gratos (code APE 666) et bon bref j’ai encore été un peu trop tête en l’air, vous savez comment sont les artistes hin ! ha ha ha !
Bon pour ma défense c’était pour me remettre de mon stage en dépression post burnout à bosser comme un âne pour zéro cacahuète à sauver la liberté, histoire de pas me retrouver par inadvertance en bouillie sur le trottoir en sautant par la fenêtre parce que j’aurais encore été travailler comme un âne pour zéro cacahuètes au lieu de rouler des pelles et de bouffer des frites  en me dandinant sur du discopnuk pour sauver la liberté de rien foutre, comme un con. Bon bref je vous fais pas le détail, ceci amenant cela yadiyada, j’ai décidé de me faire poustache pour qu’on comprenne bien quand je fais  des blagues pour pas perdre des potes encore et pourquoi pas aussi avoir plein de thune comme Uderzo.

Bref, je vais pas vous bassiner plus longtemps avec ma petite gestion interne désolé  !!

Si jamais vous arrivez à rassembler tous ces 12 euros 85 sur mes livres que vous avez déjà vendus, ça m’arrangerait bien que vous me passiez plutôt une valise de petites coupures pour pas que la CAF me sucre mon RSa qui paye tout juste mon charmant petit four sous les toits (on a une superbe vue sur l’apocalypse, d’ici !)

babaille,

Tanxxx

PS : je profite honteusement de la reprise de nos correspondances affectueuses pour solliciter votre précieuse  aide pour trouver acquéreur à mes collections privées pour m’éviter de brûler mes propres livres l’hiver prochain merci !!

120000 euros, contact en privé

 

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chers lecteureurice.EE.e.es,

Volez mes livres ça fait de bons allume feu pour les BBQ et un coup partis volez aussi des chips et une canette pour lire les moins chiants à l’ombre du RSA, en attendant que le diner offert par les restos du coeur se réchauffe dans le parc joliment arboré du squat du 487845ème bâtiment vide d’un ministère quelconque.

à vite  au lycamobile !

gros bisouilles <3
Satanx

 

 

 

 

moite des fiertés

-on va faire une 4157854254356ème sérico de ton chat Grève générale !
-tu veux pas faire un démon bite, des punks pédés ou des lutteurs à élastique de slip défecteux plutôt ?

Imaginons : au lieu de faire des affiches Grève Générale, on ferait la grève générale et on appellerait pas ça comme ça c’est à chier comme nom déso et y’a toujours des gros malins pour rerererefaire des trucs RÊVE GÉNÉRAL ça donne envie de crever et comme ça pour payer la boume géante et  avoir de quoi se défendre de la répression on organise à prix libre des matchs interdépartementaux comme une sorte d’intervilles (pour les plus nerds les plus jeunes : fouillez les archives de l’INA y’a un présentateur qui s’appelait ZITRONE assez angoissant ça pourrait inspirer des creepypasta) avec du catch drag entre délégués syndicaux en remontant la hiérarchie jusqu’aux bigs boss leaders pour les super matchs, avec buvette et cantines de frites et entracte avec groupes DIY en mode karaoke et on fait les affiches avec plein d’autres et on vend les affiches pour se payer de la drogue et des canettes et paf c’est l’An 666 et anarchistes et syndicalistes et glandeurs et travailleurs et artistes et public et bon bref, tout ça s’enculerait dans tous les buissons et y’aurait un coin chill bien frais avec quelques beefcakes esclaves pour me reposer de toutes ces conneries au calme.

Jdis ça comme ça hin c’est une idée comme une autre, j’en manque pourtant pas, d’idées, pourquoi on fait genre j’existe plus dans ces trucs je comprends pas c’est bizarre.

 

*enfin vous faites la grève, parce que bon faut un Vrai Boulot© pour faire officiellement Vraie Grève©.
Le RSA par exemple c’est pas une grève, faut pas confondre, même si c’est reconductible tous les quarts d’heures. Par exemple c’est pas du travail parce que c’est pas écrit entreprise là où tu dois aller tous les mois mais si t’es malade il te faut un arrêt maladie mais c’est pas transmis à la CPAM parce que c’est pas un travail mais en fait si alors faut envoyer tes bulletins de non salaire à la CPAM pour toucher des non-indemnités de non-travail parce qu’en fait on dit n’importe quoi parce que ça nous amuse. Ton taf d’aller à des rendez vous obligatoires ou de faire tes 15h/ semaine de travail c’est un peu du taf mais pas complètement et attention ça peut pas être dessiner tes mickés comme tu fais dans ton coin même si c’est pas payé et même si c’est un peu payé  et que tu fais ça avec l’obligation de déclarer tes 3 euros de ton fanzine sur le caca si tu reçois de l’argent  sur paypal avec une microminientreprise et donc ça fera 3 balles de moins sur ton RSA même si c’est du brut ça fait donc que tu perds plus de fric qu’en gagner à bosser, et que tu te fais chier à bouffer de l’administratif au lieu de dessiner et que tu payes des cotisations bah c’est pas un travail parce que t’as pas spécialement envie lancer une SARL Les Editions du Caca et t’as zéro euro pour ça, et aussi parce que faut que ce soit pas payé par un vrai patron avec des vrais larbins bah oui hin  si tu fais pas ces heures et ces rendez vous qui sont pas du travail on te sucre ton minimum mais c’est pas une sanction de travail donc pas y aller c’est pas une grève parce que bon de toutes façons y’a pas de patron c’est des conseillers alors la preuve hin. c’est pourtant simple non.

la fois où j’ai failli être prof parisien

ah ouai j’ai toujours pas raconté, ça. Ou alors si. je sais plus donc tant pis on y va, pasque y’a une pote qui me parlait d’entretien d’embauche ça m’y a fait penser :

En 2017 la france entière -que dis-je le monde !- pensait que j’étais au fond du trou quand j’ai signé mon Dicon chez Lapin, mais on avait encore rien vu.

(ne signez JAMAIS chez lapin. Sous AUCUN prétexte. Je suis sérieux.)

y’a eu la fois où sur une suggestion d’un gars sur facebook (prof là bas ? auteur ? je savais pas,j’ai jamais su) pour postuler pour un poste de prof de je sais plus quelle formule à rallonge genre « édition et imprimassion en autodidactie de publication en limitation de série risographique et photoduplicative monochromiste ».

J’avais trouvé ça déjà bien  bizarre qu’on me voit en prof, vu que j’étais surtout connu pour beugler sur des connards qui voulaient pas me payer entre deux recettes au beurre je voyais pas trop le rapport, et je comprenais rien  à l’intitulé du poste. Con comme une pelle, je pigeais pas que je distillais déjà mes savoirs (mdr) de ci de là à des abrutis sans scrupules qui grattaient des précisions sans arrêt et allaient refourguer mon zine gratos dans le cours d’une école du ministère pour lequel eux étaient payés ou qui allaient gratter leur place à Vice magazine ou qui allaient faire leur thune avec en faisaient raquer leurs propres potes pour des ateliers pourris dans des cuisine parisiennes de 50cm² où ils devaient  rembourser les nouilles du repas.

Paris ça rend con comme des pelles  au point de faire payer les nouilles à tes potes et j’exagère même pas. En plus celle qui faisait ça lisait que la moitié de mon zine -et encore- et fallait que je lui relise tous les mots très simples comme à un élève de CE1 mais en très con,  et elle faisait n’imp sauf qu’elle faisait n’imp en déclarant partout qu’elle avait fait l’école du Louvre pour s’autodécréter experte en linogravure. Je lui avais fait remarqué quelle genre de connasse c’était à me gratter mes trucs de DIY pour faire raquer ses propres potes pour bouffer des nouilles chez elle et elle comprenait pas. Elle trouvait ça tout à fait normal et que j’étais vraiment très très méchant. Apparemment y font tous ça dès qu’ils ont du pognon alors bon faut pas s’étonner qu’on soye autant dans la merde.

Bon. Bien fait pour ma gueule, m’a fait comprendre un énième connard d’artiste parisien qui faisait pareil  en cherchant quand même encore à me gratter autre chose des années plus tard (mon cul. c’est pas compliqué un artiste ou un gourou ou appelez ça comme vous voulez tant que ça a la tête de la taille d’une montgolfière ça cherche un cul, quoiqu’il arrive. Il appelle ça autrement, inspiration, amour, subversion, que sais-je encore parce que le cul, pour eux, ça peut être que dans le chiant. L’artiss y peut pas juste niquer et/ou te sucer le cerveau, nan, faut qu’il te sorte du concept vaseux sur des cartels pour dire qu’il est pas en train de fourrer sa vieille bite dans plus jeune, influençable ou branque du Q ou bien carrément tout ça à la fois.)

Bon lui c’était un très gros morceau il me reste encore en travers, passons,  j’y reviendrai dans 5 ans quand je devrais travailler en urgence pour le privilège luxueux de toucher 2.1 euro d’alloc logement sur un loyer de 476214 euros charges non comprises et que j’aurais que ça pour le procrastiner.

Donc bon prof aux arts décos de Strasbourg. Pour situer pour les non-initiés (veinards), c’est une école plutôt prestigieuse dans ces middeuls. enfin je crois. En tous cas dans les salons du livre tu peux prendre des trucs au crayon de couleur un peu arty poétique et et lâcher « ha oui !! je le-la connais iel était à  Stras »‘ !! » et être à peu près sûr de marquer des points de connoisseurs sans trop prendre de risque. sinon tu te rattrapes aux branches avec un « ha oui au temps pour moi, je confonds avec Brecht Evens ou peut être Gilles Rochier ». Si j’ai bien tout compris, et très probablement que non.

Je sais pas pourquoi j’ai donc envoyé une lettre de motivation et un CV. Une lettre où je racontais que j’aimais pas travailler et que j’aimais pas les profs et que je préfèrerais largement tout cramer. Le CV c’était celui que j’avais envoyé au CNL pour Velue, j’ai juste rajouter une ligne après 2014 ou je sais plus bon bref. Peut être que j’ai changé des mots enfin je sais plus même faire mes conneries c’était trop fatigant à ce moment  là je les faisais plus très bien, le naufrage de la vieillesse était déjà bien entamé.

« hihihi »

C’était mou, j’étais un peu amorphe mais c’est pas ma faute, j’ai des circonstances familiales atténuantes et moyennement inspirantes pour la rigolade. Publiquement du moins.
Ce qui est atroce quand on a mon genre d’humour, c’est qu’on est mega en verve (SI.) dans les circonstances les plus horribles et faut tout retenir. Les gens comprendraient pas, alors tu retiens tu retiens et tu finis par devenir Baladur qui fait du tish à messages pourri comme le mec dans Friends là (celui qui jouait dans Hot Shots ?? hin non ? bon je sais  plus) un jour et t’as rien vu venir et tu et t’as bien  bien l’air con et on se met à faire des livres pour raconter sa vie dont personne a rien à branler et Télérama va raconter que c’est « inspirant » ou bien « l’album de la maturité » ou bien que l’auteur cache sa très grande sensibilité derrière l’humour acide-mais-tendre ou je sais pas quoi encore comme connerie et paf on te colle à côté de D’Ormesson à la médiathèque de Bressuire et ça y est, t’as réussi ta vie.

Bref, mes vannes se cassaient dangereusement la gueule depuis l’âge d’or où j’envoyais des courriers hilarants (absolument.) à Carrouf pour me plaindre du goût altéré des croustis au fromage qui avait goût de petite boule à la tomate avec graphique à l’appui. (le goût tomate parasite en abscisse, mon level de déception en ordonnée). C’est une tradition familiale. On avait déjà l’habitude de faire d’interminables lettres pour nous plaindre que y’avait pas assez de beurre dans les chocolats de noël avec les tatas, j’ai fait que suivre mon éducation.

Rendez nous le RMI qui permettait la création de si belles et grandes choses, ceci est mon plaidoyer !!

J’étais parfaitement en droit de rater mes vannes selon la convention de genève, donc, je disais, et donc j’ai envoyé ma lettre de cul entre deux chaises avec mon CV un peu naze et je suis retourné illico à ma dépression au stylo 0,000002 entre deux messages de 12km d’antifascistes en mousse sur messenger qui me disait que fallait taper sur Machin qui était très certainement antisémite du cul ou de bidule qui m’a tout l’ai de faire de la resucée de l’Action Française de la bite. On sait rigolay dans la politique !!

Bref, j’ai déboulé à Paris genre 6 mois plus tard, dans  une sous-loc où j’ai commencé ma nouvelle vie d’artiste à la Capitale Culturelle comme il se doit : en chialant comme un veau que je savais pas du tout ce que je foutais là, avec Bubu qui braillait tout son saoul pour faire les choeurs.
Je sais plus quand j’ai reçu la lettre pour me convoquer à l’entretien, est-ce que c’était quand j’étais en train de peaufiner mon asthme en balayant l’appart bordelais entre deux planches à se flinguer d’ennui de Attembre, c’est possible. Toujours est-il que j’ai lu la lettre en sans comprendre rien vu que j’avais complètement oublié que j’avais postulé. J’ai emménagé le 1er avril (quel humour), l’entretien c’était le 2 ou le 3. J’étais donc au bout de ma vie, sous alimenté, en dépression sévère, en plein dans un bordel avec des gourous de partout sans le savoir, j’avais ce mec qui me faisait chier ad lib par messenger pour que j’aille attaquer machin ou bidule à sa place et moi je voulais juste faire des conneries drôles, plutôt, qui étaient pour beaucoup dans mon déménagement.

Con, je vous dit : je pensais que venir sur place ça calmerait les envies de guéguerre de ces militants pour plutôt enchainer sur des grosses vannes. Prétentieux ou naïf au point de croire que je pouvais rendre Paris rigolo, quoi. J’ai failli lamentablement à ma mission et je suis en passe de me faire contaminer (je lutte ardemment contre chaque jour qui passe), la preuve que l’entrisme ça marche JAMAIS.  Je suis donc allé à ce rendez vous le ventre vide et sans avoir trop trop dormi encore, j’étais à l’ouest comme jamais et pour me rendre à l’est, en plus.

Je tenais le relou de messenger informé de mes observations fines en temps réel. Il avait pas beaucoup d’humour, ce con là, j’ai mis du temps à me rendre compte que ce qu’il racontait c’était pas des blagues c’était sérieux et moi je rigolais comme une godasse. j’ai capté super tard quand il m’a sorti que mon zine de Sylvaine Téton c’était un « petit bijou de pudeur »  ou quelque chose du genre.

Je rigolais à ce qu’il me racontait alors que le gars c’était Télérama, quoi, c’est dire le niveau de ma dépression.
bref, il faisait moche et tout était moche quand j’ai déboulé à Stras’ comme on dit. J’avais fait un vague effort vestimentaire je crois (edit : en y repensant, je crois que non, j’étais tellement au fond du trou qu’un pnuk m’avait demandé à cette période « alors, tu traines avec des pnuks, toi ? » tant je devais avoir la dégaine d’un étudiant en socio !) Je suis finalement arrivé devant la salle où y’avait les entretiens et BIM je me fais troller d’entrée de jeu  que le sketch était pas encore officiellement commencé

Sur la porte de la salle d’entretiens d’embauche y’avait CA d’affiché, putain. J’étais donc déjà au bout de ma blase.
un gars est sorti de la salle au bout d’un moment, on s’est regardés du genre TIENS ON SE CONNAITRAIT PAS ? et en fait oui, de loin, c’est un landerneau comme les autres : minuscule et bourré de commérages.

On m’a donc invité à entrer pour passer à mon tour à la moulinette pour savoir si je suis apte à professer. J’ai empoigné mon sempiternel sac queshua avec un bout du pauvre cookie de la mie câline que je m’étais efforcé de manger en vain,   je suis entré et j’ai vu une graaaande table avec toute une brochettes de gens alignés comme pour un sitcom du banquet final d’Asterix mais en petit et sur des tables de CDI et sans les sangliers rôtis. Ha ouai. Bon. J’ai jeté mon sac assez brusquement sans faire exprès et j’ai déclaré en préambule « j’ai aucune idée de ce que je fous là » avant de me vautrer sur la chaise qui faisait face au jury de la starac.

vraiment mais qu’est ce que je foutais là ! c’est quoi cette brochette de merlans à me fixer ! y’a eu un petit moment de flottement, je sais pas quel merlan a décidé de se jeter à l’eau en m’expliquant que je venais passer un entretien d’embauche pour  être prof de l’édition et imprimassion en autodidactie de publication en limitation de série risographique et photoduplicative monochromiste. Ce à quoi j’ai répondu que j’avais pas trop envie d’être prof et qu’il allait donc falloir me convaincre que j’étais fait pour ça.

franchement, pourquoi me casser le cul à répondre sérieusement à un entretien d’embauche quand je savais pertinemment que j’aurais pas tenu 2h à me farcir des collègues et une hiérarchie n’en parlons même pas ? zéro raison,  et puis j’étais désormais tellement, mais tellement crevé que j’étais de toutes façons strictement incapable de jouer un rôle quelconque ou de faire semblant d’être un peu intéressé, j’avais perdu tous mes filtres. C’était bien marrant, j’ai eu droit pendant une heure à cette brochette de prof qui m’expliquait que vu mon parcours et ceci cela j’étais complètement fait pour expliquer à des étudiants comment qu’on fait de l’argent et une jolie carrière avec des fanzines.

tanxxx, linograveur pnuk DIY rémunéré par l’état, vous propose cette année :

module 1 : comment remplir son CV avec des rencontres distro de zines au Novo Local avec   Zifoulon Griffor 1666 les dimanches de GDB de lendemain de concerts à écouter la BO de Judgment Night sur K7 en essayant de boucler le zine qui trainasse depuis 42 mois déjà.
module 2 : comment bien faire carrière en calculant combien de shitbraü et combien de marmites de mafé faut prévoir pour le concert de 12 groupes de grind dans une cave de 30 personnes dont 29 rsastes qui auront pas mangé et un qui bosse à Ipsos.
exercice pratique : si Jean D-Bëat  avait  10 euros de sa vente de patchs découpés dans ses vieux slims, qu’il a pris la poche à 2 euros de frites à la boulange-béchamel des capus et qu’il a bu 3 shibraü à 1 balle et payé 3 à l’entrée prix libre, combien lui restera t-il pour son ricoré du lendemain ?
économie : combien de mégots seront nécessaires pour vous rouler 2 clopes sachant que un cinquième de la longueur du mégot est occupé par un filtre jaunasse et qu’il en faut 5 hors filtres pour une demi-clope ?

Bref. J’ai dit des tas de conneries, j’ai bien vu que y’avait un des profs que ça faisait rigoler (ouf, les étudiants ont au moins un marrant avec qui souffler). J’ai dit que j’aimais pas l’autorité, que pour moi ça avait pas plus de sens d’être élève que d’être prof, ce genre de truc ultra-subversif. Je me suis autodécerné une médaille quand au bout d’une heure à m’entendre convaincre que je serais trop super génial en prof d’autogestion de la merde vu que nous aussi on est trop super libertaires, le directeur himself m’a déclaré que « de toutes façons, depuis 68, y’a plus d’autorité dans les écoles d’art ». alors là, j’ai pas pu faire autrement qu’éclater de rire franchement, vraiment c’était pas croyable. J’ai expliqué qu’après être passé aux beaux arts les culs des meufs pourraient bien tenir des conférences gesticulées sur la question de l’autorité de ces connards de profs libidineux. Je sais plus comment j’ai dit ça cependant, il a pas eu l’air de trouver ça très pertinent ni urgent comme point à aborder, dommage.

Et voilà, le dirlo s’est contredit aussi sec pour dire oui ou bon en tous cas de toutes façons c’est une école ici donc faudra quand même suivre l’axe pédagogique de je sais pas quoi hin tu crois qu’on fait c’qu’on veut dans l’école post 68 libertaire  !!!!
J’en pouvais plus. Je suis ressorti hilare sans même savoir comment ça s’était fini, et j’ai raconté ça à l’antifasciste qui se disait anar. Il m’a dit « j’espère que tu t’es pas sabordé par dogmatisme » au lieu de se marrer putain !!

j’étais là, à ricaner comme un con et lui me sermonnait que j’étais dogmatique, lui l’anarchiss à soit disant kiffer le gros zbeul  (traduction pour les ploucs : il enfilait des lunettes de piscine pour aller aux manifs CGT)

Après ça le gars qui m’avait suggéré de postuler s’est mis à me causer super mal et très agressivement sur facebook  et totalement hors de propos et j’y comprenais rien encore vu que j’étais dans 12000 trucs à la con entre ma vie, ma dépression, la politique et bon bref tout qui partait grave en couille de partout quand même merde quoi et c’est qui ce gars qui me gueule dessus out of nowhere ?! encore un facho ou quoi ??

M’a fallu pas mal de temps avant de percuter que c’est parce qu’il avait super mal pris que je sois tanxxx à cet entretien alors qu’il voulait sortir  tanxxx du caniveau et que je suis quand même resté tanxxx dans le caniveau, quelle ingratitude !

je m’acharne à préférer être un gros crétin alors que j’aurais trop pu faire carrière dans la subversion et grave me faire chier, quelle buse !

un tish fait tout exprès pour moi

 

Zine Edinezinade

Prix Landerneau Goncourt Leclerc culture 2018

Hier je me suis refait du « travailleur de l’extrême », j’en avais bien besoin, c’est mon livre doudou, mon phare à Paris. Y’a rien de plus efficace qu’un punk pour me secouer. Un vrai quoi, pas un de ces connards blindax à envoyer de subtils « coucou tu veux voir ma bite » codés à a truelle sur son insta comme si  le vœu le plus cher de n’importe quel zinzin dans mon genre qui passe hin -on est interchangeables- c’était de pomper un mec qui bande sur mon cul étonnamment frais à te promettre la bonne filière en conseiller d’orientation groomer histoire de parfaire le tableau. Bizarrement, ça me fait moyen me pâmer.
Il peut se foutre ses tampons révolutionnaires dans le cul, bien  profond, comme un plug DIY écolo quoi, avec un peu de chance ça lui chatouillera la prostate et il jouira autrement qu’en démonstrations minables de pouvoir, ça lui fera de l’exotisme pour pas cher.
je suis  pas de l’espèce honteuse, je suis même de celle à qui on fait remarquer aussi très subtilement que je suis du genre très très trop visible  à clignoter de partout jusqu’à la jeter bien comme il faut si elle se décide pas à abandonner ses strass parce que ça fait pas sérieux pour leur cause à la con. C’est ballot, aussi les messages codés comme  les cryptotruc moi ça me gonfle pour la simple et bonne raison que j’y comprends que dalle et que j’ai la nette impression qu’on est en train de m’embrouiller, ça me gonfle même énormément surtout si on me menace de m’envoyer les flics quand je me radine tout à fait en chair et en os et pas du tout en rampant comme prévu, et avec l’idée de causer d’adulte à adulte pour calmer le truc.
Râpé. Comme je sais plus quel auteur de SF française à la con là, du temps de mon antifascisme 2000 on allait voir ce que racontait ce gros creeps à suggérer qu’il  voulait faire des bouquins à clé histoire de causer à d’autres connards en scred, le tout sans dire que le type de connard en  question aimerait bien se faire sucer par la jeunesse*. Je déteste les machins cryptotrucs, je hais les métaphores, les allégories et toutes ces conneries après avoir bien vu le truc dans Attembre : c’est de la grosse merde. Je lutte très fort contre cette tendance chez moi, j’ai arrêté d’écrire sur du rien. Premier degré über alles. Stay Pnuk.
Les fantasmes de résistance planquée chez ce genre de bourgeois à tout bien mélanger du cul, des jeunes et des langages cryptés (et souvent en faisant trimer mais c’est pas du boulot ») moi là ça me fait pas penser à un truc vraiment enthousiasmant mais ça m’allume bien toutes mes alarmes, les apprentis Comités et les Gilbert Bourdin autogérés pullulent à ce point ou quoi ?  ça pue et c’est pas eux qui font la taule (sauf Coupat, ses abdos et sa légendaire bite), faut qu’ils redescendent sur terre et se trouvent des hobbies à leur hauteur, comme par exemple se mettre au scrapbooking ou à la belote.
Bref, qu’il aille se tirer la nouille tout seul dans ses bois romantiques à la con, il a qu’à se faire une version grind des « les sanglots longs des violons » en guise de chansonnette pour l’accompagner pour le petit côté résistant.

C’est sûr que ça claque moins dit comme ça, merde alors, je suis décidément pas câblé pour faire fortune chez Gallimerd.  Pogo,  slam, bière au bar.

* Ma mémoire est un peu niquée de cette période pas moyen de retrouver ce nom, mais c’était pas Ayerdhal, lui avait assez les pieds sur terre pour pas partir dans ce genre de délires, pas pour rien que ça ait été le seul à qui j’ai pu  causer de boulot sans rencontrer la moindre condescendance ni le moindre paternalisme. C’était juste pour lui rendre un petit hommage en passant, à lui et sa coupe de veuchs.

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(c’est une sorte de chapitrage stylisé, c’est classe)

Je relisais donc ça pour me secouer de la léthargie dans laquelle il avait réussi à me plonger, jusqu’à l’épargner comme un môme à pas lui gueuler dessus illico comme je faisais au bon vieux temps. Faut croire que je l’aimais encore trop ? Quel couillon géant je fais.
Sérieusement, qu’est ce qu’il m’arrive, cette ville est en train de me bouffer ou quoi ? DU NERF.

BREF  je me creusais le ciboulot pour trouver la thune parce que bon toutes ces âneries c’est bien mignon mais ça commence à clignoter de partout, parce que ce con aura bien bousillé mes façons de faire en se persuadant qu’il m’aidait.

Et évidemment c’est donc la période complètement propice à dépenser des sous que j’ai pas dans des fanzines par exemple, pour refaire un peu ma distro, parce que y’a des trucs à venir.
Le fanzinarium fête ses 5 ans bientôt, j’y serai avec ma petite valise, les zines de potes avec les miens et mes conneries, et peut-être même en Satanx.

J’ai toujours très envie d’un Tank Girl  folle du désert, et on va pas laisser ce genre de truc à la TV. On a pas de pétrole mais on a grave plus d’idées que les JO. On verra, ça se trouve je fais encore ma grande bouche et j’aurai juste mes cornes en plastoc. Retrouvez donc peut-être beaucoup plus probablement Böbby Läpöintë à faire des leçons de guitare sommaire.
Si vous faites des zines, hésitez pas à m’envoyer un mot. J’aime bien les trucs débiles, les trucs VNR, les trucs pédés, et les zines avec des petits schémas explicatifs de brico tous domaines confondus de la cuisine à la serrurerie en passant par le raccommodage de slips, mais je suis pas du tout fermé à d’autres trucs auxquels j’aurais pas forcément pensé. J’achète les zines et je les revends prix coûtant dans le bon esprit non-profit qui fera notre ruine, certes, mais qui fait aussi notre joie. J’aimerais bien aussi avoir des K7, pour ça je vais aller plutôt écumer les concerts.

 

 

dans ma distro encore : des trucs de Marguerin le Louvier, de Popier Popol, de Julie Doucet, mon dernier exemplaire du travailleur de l’extrême sus-cité, de Zed Zonk, des trucs sortis par Mille Putois (dont un hilarant Obom avé des coboyes), des Bento (collectif à l’initiative de Pierre Maurel), des Denys Moreau et j’oublie certainement des trucs.

Paris drama

Je suis bien stupide, alors je regarde les représentations des gars qui font du rentre dedans à des copines parce que je vois le cirque quand je suis pas sur scène à faire le clown. Bon ça serait quand même bien que ces gars partis trop loin en orbite aillent se branler ou s’enculent entre eux puisqu’ils peuvent pas saquer les meufs autrement qu’avec leur bite dedans, plutôt que malaxer des meufs ou des jeunes comme des baballes antistress, ça nous ferait bien des vacances et peut être qu’on arriverait un jour à glander forever au lieu de continuer à faire de la merde.

Et faire l’andouille pour les copains c’est pénible si je suis interrompue toutes les 20 secondes par un de ces mecs qui crèverait plutôt qu’assumer être sympa et ces gens qui veulent s’accaparer pour eux tous seuls les crétins marrants en privant le reste de l’humanité d’espoirs rayonnants de lendemains qui gazouillent et de frites éternelles. Je me ramasse à la petit cuiller un peu trop souvent par ici, après avoir bien vérifié que la machine arrière n’existe pas tellement, sauf à s’y mettre à plusieurs et jamais lâcher l’affaire. On est pas assez de gros crétins et la guerre est féroce et j’ai une telle flemme.

Comme ce matin à 12h40 encore au pieu avec une sévère gueule de bois, je chouinais abondamment dans mon oreiller en repensant à la soirée spéciale gros melons passée hier (avec un mec cool qui s’est glissé entre les deux gros melons, quand même, ouf), ouin ouin ouin les gens sont pas rigolos et puis j’ai senti ce chatouillement typique du pouffement en voix de formation au creux du bide pour remonter par l’œsophage. Car chialer comme un veau que les gens sont pas très marrants, c’est marrant. Possiblement ce chatouillement c’était le trop plein de bière, mais j’ai couru le risque de rester bien au lit surtout car je suis audacieuse. Ouf, c’était bien le rire et mes draps sont restés non pas propres mais tout juste décents, car voici mon histoire de soirée au jambon et porto d’hier :

On a commencé avec ce que je croyais être un rigolo coincé dans une vie chiante qui a apparemment pété une pile pour de bon et décidé qu’il allait être un gros con véritable pour continuer à palper la maille en prenant de grands airs humanistes. Il s’est mis à me hurler dessus dès que j’ai sorti un « salu ! » en passant la porte avec une pote. Il s’était apparemment mis en tête que mes pensées et mon attention tournent autour de sa personne H24, il confondait une main à peine posée sur une hanche et une pelle. Heureusement qu’il a pas assumé me kiffer jusqu’au bout parce qu’avec des connaissances anatomiques pareilles on aurait un peu risqué la baise de tchernobyl. Enfin bref tout ça me laissait pantoise et je regardais le gars me hurler dessus en me disant que possiblement c’était pas un pote rigolo, mais ça se trouve je me trompe vu que je l’ai vu être rigolo et sympa, c’était quand même bien bizarre.

J’étais venue choper des cadeaux pour des potes et moi-même vu l’ambiance invasion petits poneys nazis ça me parait pas mal urgent d’offrir des trucs parfaitement inutiles qui défoulent, et je me retrouve face à un mec que je pensais rigolo qui me hurle dessus de dégager que j’ai rien à foutre ici, et pourquoi pas devant ses clients on est plus à ça près. Je matais le truc éberluée et magnanime ou parfaitement idiote pour ne rien changer, je lui propose de discuter dehors, et il pète un câble comme l’autre nouille du collectif quand je l’avais recroisée. Il me tape un scandale que je vais lui faire un scandale ok.

Je lui fais remarquer qu’il vend à ses bobos de merde mais pas à moi, parce que quand même merde, qu’il se vexe comme un Poujade que je dise du mal de ses clients bobos parisiens c’est une chose que j’avais déjà du mal à capter mais me faire jeter, moi et mes 3 francs six sous à dépenser pour faire marrer des potes, ça me laisse tout de même bien songeuse quant à la portée artistique de l’ensemble et au génie du créateur. Alors que conne comme un manche je commençais à me dire des trucs aussi stupides que « non mais attends, ça se trouve il est en train de te dire que vaut mieux parler ailleurs et que tu devrais plutôt passer par sa boutique en ligne ça se trouve il veut pas que les bobos découvrent l’existence des gens rigolos », il a traversé sa boutique comme une furie pour venir se planter devant moi en tendant le bras pour désigner sa porte juste à côté (des fois que je l’aurais pas vu alors que je venais juste de la franchir, j’ai trouvé ça sympa de sa part aussi) dans une pose d’instituteur des années 50 très réussie. Il manquait juste la règle en fer à mon avis, mais je chipote.

Sans doute qu’on pouvait voir tout un tas de ??? autres !!! autour de ma tête car j’ai fait un peu de bande-dessinée. Je suis restée un petit temps à le regarder à me demander ce que j’allais faire, le temps s’est étiré comme un chouine gomme lors d’un duel de coboyes au mitan de la journée, des gouttes de sueur me coulait du front et ma casquette s’imprégnait comme un stetson.

Est-ce que je lui envoie mon poing dans la gueule. Ah oui non merde je sais toujours pas faire.

Une baffe ? non vu sa tronche et la disparition totale de toute espèce de maitrise ou de conscience de la scène en cours, il va m’envoyer son poing et même si il sait pas faire il va me détruire la mâchoire, j’aimerais bien réussir à traverser mon existence sans passer par là si possible.

Zut. Alors je l’ai toisé, le menton haut et le regard fier et j’ai juste lâché un « t’es un connard » en espérant que ma phrase était lourde comme un parpaing, j’ai déjà dit comme c’était ma spécialité. Je me suis jamais battue, j’ai jamais eu besoin et même à angoulême, j’ose espérer que c’est grâce à mon regard de folle et mes réparties choc.

Et je suis sortie comme ce que j’imagine être une reine, ma capeline de l’armée volant dans le vent doux de ce décembre apocalyptique (standing ovation), talonnée de près par ma pote stupéfaite de la tournure de la sortie que je lui avais présentée comme « marrante ». Parties pour une soirée Muppet, ça part direct du Sarah Bernhardt pour de parfaits Paris Drama, j’ai raté ma promesse. Elle voulait oublier un rigolo finalement pas rigolo en allant voir un rigolo resté rigolo c’est ma faute j’ai mal géré la sortie et mal jaugé le bazar. On décide alors de nous bourrer proprement la gueule parce que qu’est ce que tu veux faire d’autre.

En route pour le premier bar, je cogite pour assimiler le premier acte de la soirée : bon, restons pragmatique, faudrait que je pense à me dédoubler systématiquement pour mes prochaines séances de trapéziste intrépide qui fonce bille en tête dans toutes les idées de merde du genre « chouette un nouveau rigolo, rigolons ! ».

Pourquoi ces gros gars tiennent absolument à te prouver par A + B que c’est des gros cons, ils viennent te chercher jusque chez toi et ils te lâchent que quand t’as bien assimilé qu’ils sont bien bien pourris jusqu’au cul et que c’est même ça qui les rend formidables tu le saurais si t’étais moins cruche et ignare d’abord. Je pige pas.

C’est un peu ballot, parce que j’arrive à voir que c’est pas totalement des merdes mais ça les énerve qu’on voit qu’ils sont pas des merdes et ils font preuve d’un zèle exemplaire pour prouver leur point que si si on est bel et bien complètement des merdes. J’aime qu’on défende ses idées avec fougue et panache, aussi je me propose de fournir les médailles à ces Victorieux Conquérants.

Note que je ris un peu jaune.

Dans la vie, je mate des lourds draguer comme des lourds en prétendant que c’est autre chose. C’est incroyable, c’est une sorte de Puy du Fou en accès libre partout, une représentation permanente, y’a qu’à se poser à peu près n’importe où et hop. Je soupire parce que ces cons s’accaparent les meuf marrantes pour tuer leur marranterie, et ils les jettent quand ils les ont bien vidées de toute joie de vivre au lieu de se contenter de niquer simplement.

Et on s’étonne après qu’on s’emmerde de plus en plus avec ces trous noirs à venir tout aspirer le fun de la vie.

On atterrit au premier rade pour faire un bilan à grand coups d’insultes qu’on arrose de bière. Un mec à la coule commente de la table à côté, on papote, et on repart après que je lui ai dit : toi, t’as l’air bien faudrait qu’on se revoit, tout ça parce qu’il m’a renversée de bonheur à dire du mal du travail, je suis vraiment tarte, ou bien vraiment très très très très très optimiste tellement qu’il faut me foutre un diag sur la gueule pour qu’un mec me courre après avec un filet à papillon, je vois que ça. Je pouvais pas le draguer de suite j’étais avec ma pote et merde alors il me reste encore un peu de considération pour mon prochain.

Hier le second mec rigolo-mais-finalement-non-je-suis-un-gros-melon était d’un autre genre encore, du style vaguement célèbre dans la catégorie « humour ». Je lui fait remarquer qu’il avait pas besoin de faire un numéro romantico-geignard pour draguer et lui ai demandé si préfèrerait pas niquer dans la joie, par exemple, plutôt qu’en prenant des poses de cocker extatique qui plisse les yeux en geignant Stairway To Heaven. Mon cerveau m’envoie ce genre d’image mentale sans que je lui demande rien, ça explique peut-être que mon humour restera à jamais incompris, et ça explique pourquoi je suis du genre à avoir une pote à me décrire un mec à qui on avait toutes les deux roulé des pelles « lui, il a une bouche à se la frotter sur des canapés en velours ».

Mes amis sont mieux que les tiens.

Je disais donc : jveux dire pour un humoriste c’est assez chelou de se la jouer Cantat sous lexomyl, quand même, nan ?

Comme tout gars vaguement célèbre il s’imagine qu’on en a quelque chose à branler et qu’on est subjuguées par sa grosse bite métaphorique, bon. Bah à peu près autant qu’une Porsche ou mon perf passé 35 ans, pour situer, on s’imagine que c’est clinquant et on a juste l’air con, faut juste le savoir et l’assumer pleinement.

Encore un qui a placé son ego au mauvaise endroit, et même au pire : son travail. C’est quand même fou que tout ce temps et toute cette existence n’amène jamais à la conclusion que si un truc te rend malheureux que tu sois dedans ou que t’en sortes ou que tu en aies un besoin vital, c’est que c’est de la merde je comprends pas trop. Pourquoi flipper autant d’être marrant ou relax. C’est quoi le truc.

Je l’avais reconnu, mais je suis tarte alors je me disais que possiblement c’était pas lui et puis de toutes façons j’en avais rien à battre et j’avais surtout envie de bière et de soupirer, voire de soupirer dans ma bière, voire soyons fous, de rigoler un peu. Le mec m’a sorti « on est du même tonneau, toi et moi » et je me suis dit allons bon, alors j’ai répondu « un tonneau ? quel tonneau ? je sors fumer, tu me raconteras ce que c’est que cette histoire de tonneau, là ».

J’espérais que ça n’avait rien à voir avec ce rade à gauchistes libidineux près de Répu où des bourgeois trouvent subversif de finir leurs soirées en tentant d’emballer des pauvres meufs du lumpen pour des plans sordides à 3, meufs qui préfèrent se tailler pour aller raconter des conneries avec des perraves au bord du canal, et plus avec un contenant pour rhum ce qui voudrait dire que possiblement y’aurait des pirates dans la discussion. Je suis con, énième démonstration.

Ce genre de gars VEUT te faire savoir qui il est Tout le monde s’en fout ou l’a bien reconnu mais voilà faut qu’on le sache quand même. Faudra un jour m’expliquer pour quelle raison pratique parce que je vois pas du tout. Ils se sentent sans doute à poil sans ça, je sais pas. Alors plutôt que m’énerver je joue à un de mes petits jeux prefs : renvoyer les balles avec ce que j’imagine être un flegme royal. On a les plaisirs qu’on peut et celui à me coûte que dalle et en temps de crise, on crache pas sur ce genre de choses enfin je veux dire encore moins qu’en pas temps de crise sans doute sauf qu’on saura jamais vu que pour nous autres c’est toujours la crise. Et c’est un jeu stupide qui permet de débusquer d’éventuels nouveaux rigolos planqués autour : ils se mettent à ricaner bêtement et on les repère beaucoup mieux et on se fait des copains comme ça dans le bas peuple. Alors bon je me lance joyeusement à toute occasion de ce genre.

Alors qu’il se vantait avoir fait un clip avec Brigitte Fontaine de je sais plus quoi dont j’avais environ rien à branler, j’ai répondu : ah ouai et vous avez réussi à lui décoller cette tique de Benoit Mouchart pour faire le clip ?

Les copines sont dument écroulées. Le mec : lueur d’admiration dans le regard qui me fait pitié. Ha oui merde je suis con c’est que quand on se vante comme ça à partir de n’importe quel name-dropping, forcément on croit fermement à la renommée au delà de la Plainelière, j’oublie tout le temps : il se marre pas à ma connerie, il admire.

J’ai roté ma bière comme à 16 ans histoire de rappeler qui je suis et parce que fallait faire un peu de place pour le prochain demi.

Je l’intrigue. Il veut gratter de l’info. Et qui je suis et qu’est ce que je fais. Je ricane bêtement et je dis que je suis glandeuse, ma pote dit rhooo mais non t’es artiste. Ouais mais nan nan je suis pas artiste je suis glandeuse, je dessine juste pour m’occuper, et pour payer le loyer et puis c’est tout, lâchez moi la grappe avec ces conneries d’artiste. C’est pas possible cette ville qui peut tout simplement pas s’en foutre.

J’aime flamber que je suis pas flambeuse, c’est un délice de roi. La meuf, elle, pose les bonnes questions : dis donc pourquoi t’aimes pas Machin et Truc et qu’est-ce que tu penses de Bidule tiens ? Je me fais bien du plaisir à répondre que tous sont d’absolus gros cons, elle voit très bien de quoi je cause comme moi le gap générationnel ça doit être un magasin de fringues parce que je l’ai jamais vu, perso. Ou alors il existe pour taper sur des gens pas d’accord quand ils sont plus vieux ou plus jeunes, ou pour tenter de le bousiller uniquement quand on prend du bide et qu’on se dit que violer des enfants ça donnerait une seconde jeunesse, ce qui revient à peu près à la même question philo à deux balles que les porcs adorent poser. C’est à ça que ça sert, la Culture.

Elle se bidonne et je suis aux anges quand les gens se bidonnent quand je sors l’artillerie. C’est moins crevant que l’exercice du pouvoir et ça fait du bien, ma petite routine de jouvence perso, vachement moins douteuse que la plupart en vogue si on prend garde à surtout pas en faire un satané travail comme à peu près tout ce qui est fun en ce bas monde qu’on se dépêche de pourrir en en faisant une gloire.

Les mecs pas marrants aiment pas les meufs marrantes. Et les célébrités humoristiques en déchéance qui ont perdu leurs potes de vue ont perdu en même temps leur sens de l’humour, c’est triste à voir.

Alors le gars aime pas que je fasse rigoler la meuf et essaie sans arrêt de s’accaparer son attention parce que si on le perd de vue 1/2 seconde pour rigoler ensemble, il tomberait raide mort et l’humanité toute entière serait anéantie de chagrin.

Donc dès qu’il est un peu spontané ou parle un peu trop de ses fragilités, dès qu’il montre qu’il peut être chouette ou drôle ou s’en carrer il se dépêche très vite de rappeler que c’est un gros con. Il se montrait quand même assez curieux de ma personne et cherchait toujours à comprendre. Alors qu’on causait de godes, le mec m’a demandé où j’en étais. J’en suis nulle part, j’ai répondu, tout ça m’emmerde, le couple c’est le travail qui vient bousiller toute joie et ça me répugne. Il a raconté qu’il était allé voir une domina pour se faire enculer en montrant la taille du gode de ses mains. Beau morceau. Je lui ai demandé si il avait kiffé, il m’a dit oui.

Histoire de lui rappeler deux trois réalités pas très poétiques dans son numéro de romantique avec la meuf, je lui ai demandé son âge. J’ai demandé celui de la meuf. J’ai rien commenté, misant tout sur mon regard que je souhaitais le plus blasé possible, vu qu’il avait 60 piges et la nana 27. Je suis nulle en maths, mais tout de même.

Le gars a du se dire sacredieu y’a une qui a découvert le fonctionnement de notre grand merdier secret très secret comment se fesse on est pourtant mega discrets merde !!!!

Evidemment la meuf était aussi débile que moi et panait rien à ce qu’il faisait. Ça devait être pour ça qu’elle se bidonnait avec nous autres les autres meufs débiles. Alors il s’est énervé après moi parce que j’arrêtais pas d’écouter la conversation des gens à ma table que quand même c’est dingue ça t il a craqué son slip comme le premier rigolo de la soirée qui finit par hurler QUE NON NON JE SUIS PAS UN MEC CHOUETTE PUTAIN PLUTÔT MOURIR QUE D’ÊTRE SYMPA : il s’est redressé et il m’a fait face en appelant mon prénom fermement dans la même posture professorale que tout rigolo pris en flag de non-rigolerie le fait : il m’a rappelé qui il était, en tapant de son viril doigt sur la table. Son CV. Sa gloire. Les années passées et dument comptées à apparaitre dans un poste de télévision pour faire rire des gens qui regardent le poste de télévision. Non mais tu sais qui je suis. Et je fronce les sourcils. Et je répète ton prénom en prenant une voix grave.

Je regardais le comique professionnel me gronder que je le laissais pas faire son cirque comme il voulait et s’énerver tout seul parce que sa proie se bidonnait au lieu de se languir correctement en l’admirant de ses grands yeux mouillés.

Et on est rentrées vers notre quartier avec ma pote en rebondissant sur les murs comme des boules de flipper une fois ma mission sur terre encore accomplie. Scoubidou retire le masque de clown et t’as juste encore le patron de la fête forraine dessous.

C’est un comble ça on peut plus faire son Ronsard tranquillement quand y’a cette grosse andouille de tanx dans les parages ou bien, putain, y’a pu d’respect c’est la fin de la civilisation au moins.