la vie, la mort, l’art

Parmi les multiples questions dont tout le monde se fout que je me suis posées en début de confinement y’avait : pour quelle raison absurde continuer ce travail d’artiste à la con puisqu’on va tous crever ? et puis finalement je me suis dit, pour quelle raison obscure ça serait plus à interroger que le reste du temps ?
Et surtout, la question se posait en des termes de revenus, concrètement, oui je trouvais ça assez obscène de vendre mon travail, puisque pour bien le faire il faut faire rêver, et qui dans mes acheteurs-euses, pouvait encore mettre de la thune dans des gravures ? Et accessoirement : qui pourrait bien avoir envie d’acheter des têtes de mort en pleine pandémie ? ce qui est assez stupide comme question, comme si la mort était une invention nouvelle. Et puis il y a le reste de mon travail,  y’a pas que des crânes quand même ho. Bon. des questions à la noix, quoi.

Bref, j’ai fini par voir ce qui est : maintenant comme avant, mon travail est mon travail, avec ce qu’il a d’intéressant, de pas intéressant, de beau ou de moche, bref, il change pas plus que je ne change, moi, ou alors tout autant. Mais aussi : surévaluer ou sous évaluer l’importance de sa production artistique (ce que j’exècre, on commence à le comprendre hin) c’est tout aussi bien penser l’art indispensable comme l’air qu’on respire, que croire que celui ci n’a plus sa place, maintenant comme le reste du temps. Mon travail n’étant ni plus ni moins que ce qu’il est, il n’y a pas de raison de le suspendre, pas plus qu’il n’y en a pour le continuer. J’ai continué à dessiner, pendant cette période pas encore terminée, et les questions qui le traversent sont les mêmes que d’habitude, sans doute exacerbées, comme tout peut l’être évidemment. Ce boulot n’est que le reflet de ce que je suis moi dans cette époque, après tout pourquoi en faire autre chose ?

alors voilà, j’ai bouclé un nouveau petit livre d’aquarelles, je vais le faire imprimer comme l’émulsion nuageuse d’échos, dans un autre format pour que les double pages soient plus visibles. je mettrai mets d’ores et déjà le PDF en accès libre dès que j’ai fini les bidouillages de dernière minute, et il s’appelle l’effet Doppler.

boutique / grands formats

à mes acheteurs-euses qui avaient commandé des grands formats que j’ai suspendus pour le confinement : je reste très prudente perso et ne reprends pas totalement mon activité pour un temps indéterminé. Vivant à Paris la situation est encore tendue et je ne peux dire pour combien de temps encore. J’utilisais les services de Mondial Relay pour ces envois, je dois voir si je peux trouver un point de dépôt qui conviendrait. J’espère trouver, sinon je propose le remboursement de vos emplettes, ne pouvant pas du tout me prononcer sur un éventuel retour à la normale.