dimoche

travailler du noir vers le blanc, le blanc qui n’existe que par le noir, modeler de la lumière pour révéler un sujet hum je suis sûre que y’a une métaphore à la con à en tirer, un truc à base d’anarchie tiens, j’ai plus qu’à investir dans un béret et une blouse pour jouer à l’artiss en me donnant des airs profonds avec cette énième théorie fumeuse, et à moi la gloire et les propositions d’appart sans me fouler !

une aventure de merde

Aujourd’hui j’ai ajouté une pièce à la collec de proprios sympas. Y’a 4 jours, on m’a fait passer une annonce alléchante “proprio super sympa !!” d’un studio pas trop trop cher (lol) dans un coin cool. Super, je la joue franco avec mon dossier en mousse, en jurant mes grands démons que je suis sérieuse vu que mon taf et mon logement sont imbriqués et que ça fait 17 ans que j’exerce ce taf etc etc etc bref, je mendie comme une bouse.  La proprio me répond que tout le monde a des situations différentes, ça alors elle m’envoie pas chier alélouya ! Pour rassurer la “proprio sympa” je demande à une pote de se porter garante, au cazou. Car oui j’ai des amiEs qui gagnent leur vie correctement figurez-vous. Ha bah oui les adresses varient sur les papiers de ma garante qui a eu l’heur de déménager ça a l’air de l’inquiéter je sais pas pourquoi mais enfin bon je la rassure aussitôt et demande confirmation du rendez vous fixé au samedi pour avoir l’adresse précise, j’avais que la rue et je tenais pas à l’arpenter de long en large en agitant une crécelle. Rien. 4 jours passent, 3 emails sans réponse et hier je me disais merde je vais y aller à ce rendez vous ça se trouve elle regarde pas sa boite tout le temps je suis si prompte à condamner rho la méchante, allons allons elle est SYMPA on t’a dit, alors je gratte l’adresse auprès de la locataire qui se montre très étonnée de ce rendez vous vu que  la proprio a pas les clés. Chelou. et je me pointe finalement déguisée idoinement (aujourd’hui : hipster en chemise à carreaux) à l’adresse indiquée après avoir eu toutes les peines du monde à me décroûter les yeux à cette heure indue et en plus j’ai pas pu faire caca avant, autant dire que c’est la bérézina un peu.

Un mec se pointe aussi, surprise j’entame la discussion “ha bon c’est une visite groupée ?” le mec a l’air aussi surpris que moi et a en plus un air gêné bizarre et il se montre fuyant. Bon les gens qui comprennent pas qu’on leur adresse la parole dans des contextes de concurrence interpersonnelle j’en vois tous les jours jusque dans la file d’attente au supermarché après tout, ces braves couillons élevés dans l’habitude de la méfiance vis à vis d’autres humains et la soumission aux règles, comment leur en vouloir alors je fais pas gaffe. Un mec se pointe pour ouvrir à ce gars, un mec je trouve ça bizarre alors je pose des questions parce que je suis comme ça moi quand je comprends pas je pose des questions, quelle incongruité, et pourquoi c’est pas la meuf que j’ai eu par email qui ouvre, et il me demande comment j’ai eu l’adresse, tout est chelou je nage dans le chelou. Le mec louvoie, se défile, c’est la quatrième dimension, je mets ça sur le compte de ma tête dans le cul. On monte à 3 dans un minuscule ascenseur après qu’il nous ait dit “on fera la visite un par un” je rigole “ha bon mais on peut montrer à 3 dans ce minuscule ascenseur..? bon bon ok, c’est pas grave d’accord”, je me reprends vite parce que je sais pas me tenir une fois que l’absence de logique pointe son nez je pars en sucette au quart de tour et bon hin, j’ai quand même très très envie, j’ai le désir insatiable de signer un bail, l’appel de la chair, je brûle de signer des papiers, je me consume à l’idée d’un état des lieux.

Sur le palier je laisse les deux mecs entrer et j’attends en faisant les 100 pas en pensant au caca repoussé à je sais pas quand et au repas du soir. Une femme finit par sortir et me dit que j’ai rien à faire là “vu qu’elle m’a pas envoyé d’email” et là, patatrac, je sens mon sang qui fait qu’un tour de circuit Hot Wheels j’inspire un grand coup, la fixe bien dans les yeux que j’espère comme tous les enfers déchainés et lui réponds le plus calmement possible (de l’héroïsme je vous dis) “et répondre aux emails pour dire que non, je l’ai pas, ça vous arracherait la gueule ? on est censés deviner ?
-mais je vous ai pas répondu je pensais que…
-et alors, putain, ça coûte cher d’envoyer un mot pour être franc plutôt que laisser mariner comme ça sans répondre aux emails ?”
la meuf fuit, elle va pour refermer la porte, sans face comme tous ces connards, et je lui crie avant que la porte ait pu se refermer ne voulant pas laisser cette conne s’échapper sans entendre ce que je pensais d’elle et s’en tirer à si bon compte “VOUS ÊTES VRAIMENT DES ORDURES” en espérant bien que le futur locataire entende. J’espère qu’il sera pas aussi poire que moi et payera pas son loyer, ho que oui je l’espère.

En redescendant par les escaliers je fulmine, sympa mon cul, sympa comme ces éditeurs à la con qui préfèrent pas répondre négativement et laissent les trucs en suspend indéfiniment dans l’espoir que tu piges tout seul que t’es une merde qui mérite même pas qu’on s’adresse à toi en adulte capable d’encaisser un refus, sympa comme même pas besoin de communiquer le minimum ça serait trop d’effort et ça serait dire non et ça ben c’est pas être SYMPA et nous on est SYMPAS. Ah et en plus faudrait rester polie et pas leur dire ce qu’ils sont, plutôt aux antipodes du SYMPA ? et puis quoi encore les remercier de traiter les gens comme ça, humiliés jusque dans la recherche de cet inestimable luxe de payer pour un toit ? et tu veux pas que je te roule une de mes incroyables pelles dont j’ai le secret et tu veux pas que je te couvres de compliments et tu veux pas 100 balles et un mars aussi ? le pouvoir rend si con que les gens à en avoir sont persuadés qu’on leur doit de la reconnaissance quand ils l’exercent. ha bah mon vieux, t’as de l’espoir, comme on disait dans mon bled “t’as vu la vierge à poil ou quoi ?”

Nan mais ok c’était de ma faute à y avoir cru, ok, je suis con comme un manche moi quand on me dit “proprio super sympa !!” j’y crois à mort, à chaque fois, je suis une putain de hippie qui n’apprend jamais.

Dans ma collec où j’avais déjà entre autres : la proprio sympa qui m’envoyait ses fils m’intimider un samedi alors que j’étais seule parce qu’on demandait des travaux de base et que j’ai virés à coups de pieds au cul, le proprio sympa qui m’a loué cet appart où tout s’est écroulé pendant le premier confinement qui m’a dit que dans “ces circonstances évidemment” on allait repousser les travaux et a réclamé le loyer qui lui par contre ne souffrait aucun retard “vu les circonstances”, le proprio sympa qui voulait bien être proprio mais pas bailleur et qui préfère laisser son appart vide dans son Paris de merde qui spécule à mort, pendant qu’il s’étire sur une de ses deux terrasses en culpabilisant les pauvres infoutus de rester enfermés  le tout en continuant à se dire de gôche sans vergogne, le proprio sympa qui nous expulse pour vendre, nous le RSAste et la saltimbanque, en plein COVID rendant la recherche encore plus compliquée et qui comprenait pas que le RSAste l’insulte en retour vu qu’il est SYMPA, j’ai ajouté la proprio sympa qui laisse mariner sans répondre aux emails pour annuler un rendez vous fixé.

Je suis rentrée après avoir chourrav des tas de trucs sur ma route pour me venger, et j’ai recouvert des JC Decaux de la chanson du père Duchesne. Ça sert à rien mais ça défoule. Remarquez que j’ai fait un effort quand même, je suis pas repartie comme cet été après une énième visite à 15 et un agent qui te cause comme à de la merde où j’avais fini par hurler qu’on cramera leurs agences.
si tu veux être heureux nom de dieu, pends ton propriétaiiiireuuu