la saint gramsci

-Alors ton premier ? t’as trouvé une teuf finalement ?
-bof oui non, on est restés jusqu’à 3h on était tous déchirés, y’a machin qui a du ramener sa meuf en la portant
-… ha oui un premier de l’an quoi.
-et toi t’as fait quoi ?
-bah rien, je suis rentrée chez moi manger un truc devant un film. je m’étais chourré un ptit foie gras là, tranquille
-ha merde, si j’avais su je t’aurais proposé de rester
-hin mais non c’était très bien
-bah tu sais bien comment je suis, quand y’en a pour un y’en a pour deux
-oui je sais bien mais je PREFERE rester seule chez moi le 31
-rha c’est dommage quand même, toute seule chez toi
-ALLO TU M’ÉCOUTES JE TE DIS QUE JE PREFERE ET VOUS VOIR A UN AUTRE MOMENT ALLOOOOO mais pourquoi personne me croit quand je dis ça, merde

toutes les putains d’années, toutes, enfin pas l’an dernier. je suis pas du tout méprisante vis à vis des gens qui fêtent le premier de l’an, juste mais y’a un moment t’as bien bien envie de le devenir, quand on veut juste pas entendre que tu kiffes te gratter la touffe toute seule devant une grosse débilerie.

Le reste de l’année on s’en tape mais le 31 attention surtout pas être seule sinon c’est louche. je comprends rien à rien à ce monde et faut croire qu’il me le rend bien faut dire.

j’ai trouvé Finkielkraut en cherchant l’amour sur internet (ou bien Hannah Arendt)

 

j’en ai plein le cul, je veux retrouver mon internet d’avant, j’en ai marre, je vais me rouler dans mon pipi en hurlant. je me mets à causer comme une conne de france culture à cause de ces merdes, c’est pas possible quoi, j’ai pas envie de tomber sur un Finkielkraut en cherchant l’amour moi merde ! Je vous l’avais dit hin pourtant que ça finirait par devenir ça, passer de la private joke qui fait rigoler 3 pimpins au bouquin sorti à je sais pas combien d’exemplaires.

Je veux qu’on nous rendez les blogs sur 20six voire même carrément les sites en HTML, les flux RSS et les pages de liens intitulées “les copains”. Non en fait je veux qu’on crame tout internet et qu’on retourne à l’affiche et au flyer photocop, au fanzine et au local tout pourri. Quand on en avait rien à foutre d’avoir 8 personnes à venir à un truc improbable bidouillé en 3mn et de porter des tish crados avec la sauce tomate de la pizza de la veille dessus, quand on s’en tapait complet de ce que pouvait raconter l’état parce qu’on l’avait pas dans notre poche en permanence à faire chier pire que nos darons et qu’on se bippait par tam-tam ou alors qu’on passait à l’improviste sans que ça paraisse intrusif ou déplacé, quand nos potes savaient rien de nos états d’âmes forcément, ou pas grand chose. En fait, ils étaient pas si pires ces états d’âmes vu qu’on se voyait plus et qu’on s’en branlait pas mal de réussir dans la vie ou d’avoir 548 pouces à la con sur une pauvre publi chiante à crever de suffisance à peine masquée qui dit subtilement à quel point on est intelligent, clairvoyant et bon à l’intérieur, internet est devenu un congrès de jésus faut croire, on dirait une BD de Goossens. On les avait donc pas sous le nez pendant des jours, nos foutus états d’âme, à voir les cœurs digitaux de la tata du beau père du 483ème fan de la soeur de ta voisine dans les commentaires, vu qu’on chialait un bon coup dans des bras de pote et que 3mn après on racontait déjà nos conneries à en rigoler comme des godasses, on se demandait pas comment tourner tel problème intime à l’écrit pour une large audience et on finissait pas par faire de la politique, on disait pas qu’on allait un jour faire ci et ça et qu’est ce qu’on s’en branle, franchement.

so wat, y’en a qui on réussi et alors, on se fait chier comme des rats morts et tout empire.

Ha on me fait signe que faut que je me casse de Paris très vite, pasque possiblement ici tout fonctionne dans ce mode de pensée des RS, mais tout en concentré. Au secours.

à l’asile

Si l’extrême droite score aux élections c’est la faute aux gens qui votent pas, si la planète se consume c’est la faute aux gens qui ont pas les moyens de consommer et qui trient pas leur rien, si on a pas de boulot c’est la faute aux gens qui veulent pas travailler, si tu manges pas c’est la faute au clochard qui a repêché le cul de sandouiche que tu viens de jeter dans la poubelle.

Debout, assis, couché non relève toi non porte un masque dehors dedans à l’envers  saute à cloche pied contre le virus HOP NON MAINTENANT FAUT MARCHER A RECULONS HAHA JACQUES A DIT LOL PTDR C QUOI CA T’AS PAS SUIVI LA RÈGLE HOP EN PRISON SANS TOUCHER 20000 FRANCS.

putain je deviens chèvre et on s’étonne que je devienne chèvre. Ben alors Patate keskispasse ? bah il se passe que j’ai coupé les infos au moment du décret du couvre feu y’a plus d’un an et que je vis dans un film des monty python encore pire qu’avant, voilà et toi sinon ça va ? t’en es à combien de valiums par jour ? Bon. Alors j’ai décidé que plutôt que devenir complètement dingue, j’allais redécouvrir le monde à chaque minute, tel Bubu déboulant pour la 544852222257388ème fois  en 18 ans dans la pièce pour me redécouvrir.

J’écoutais un mec qui voit défiler non-stop des foules devant lui dans un espace clos dire que la propagation du virus était de la faute de gens qui se vaccinent pas alors faut bien les obliger un peu, pour le bien commun, même si on est “pas trop comme ça”, on peut bien faire un effort d’autoritarisme merde. Chacun sa logique et j’aime la liberté, alors il a bien le droit d’être complètement con et d’oublier la moitié des données dans son raisonnement, après tout.

Être vaccinéE n’est pas la question. Je l’avais dit à un pote qui misait tous ses espoirs là dessus l’été qui a suivi le premier confinement, exactement comme on avait tout misé sur les masques quand on était tous en train de se transformer les doigts en passoires à coudre nos slips pour nous les coller sur la gueule. Je suis un peu chiante à casser des espoirs faut dire, le genre de pote qu’on aime pas trop avoir. Il a disparu de ma vie d’ailleurs parce que je suis trop timbrée : c’est des autoritaires qui l’ont décrété alors il a fait bien attention à m’évincer de sa vie car il voulait encore des bons points des autoritaires. Oui : je suis Ravachol, tout à fait, j’ai acheté un paris-brest en plein confinement et après 19h, et j’ai l’heur de trouver cette injonction à montrer son carnet vaccinal à des amies pour avoir droit de les voir un peu déplacée, j’ai la prétention incroyable de penser que des gens à me considérer comme une copine me font confiance, ben oui car je suis folle.

“heu excusez moi mais est-ce que par hasard ça partirait pas en couille ?” est un signe indéniable de faferie, de conspirationnisme et/ou de nihilisme douteux. Ne pas être au courant du tout des nouvelles mesures donne un cachet dystopique à la moindre balade, ça fait travailler l’imagination et pour rappel, je suis artiss. D’un jour à l’autre je sais pas si je vais trouver le bistrotier avec son masque sur sa tête ou sur son cul, si il aura envie de cramer une administration ou de doubler le prix du demi, si on va me demander mon pass ou bien l’âge du capitaine, si les gens vont être assis ou debout ou en biais, je me demande à quel moment je vais voir les gens marcher sur les mains parce que l’état aura décidé que c’est ça qui fait reculer le virus, on saute d’une décontraction totale à se rouler des pelles à une frayeur soudaine à se serrer la main. C’est une sorte de jeopardy quotidien : deviner quelle connerie a encore sorti l’état en observant ce qu’il se passe. Le jeu se complique de jour en jour vu que le nombre de timbrés à en avoir plein le cul va grandissant.

Dans ce merdier, y’a mon vieux pote clochard devant le franprix qui me paye sa binouze : mais non tiens ça me fait plaisir, quand y’en a pour un y’en a pour deux, alors que je revenais de voir des copains qui concluaient une soirée à thème dystopique par “mais tu sais, c’est dans les moments où on se dit que tout est foutu que quelque chose se passe, quand on s’y attend le moins, ça a toujours été comme ça”. Des tarés jvous dis.

Jospin

hier je disais à une copine que en utopie, je suis sûre qu’on manquerait de conflits et qu’on se ferait chier comme des rats morts. Comme si je manquais de sujets à râler,  aujourd’hui je lis un email d’un copain qui me signale que le collectif des créatrices avé des nichongs de la bédé du 9ème art a signé une pétition pour demander l’interdiction* d’un bouquin pas à leur goût pour me demander si je suis bien signataire vu que mon nom est toujours sur le site. Merde je me sens comme Jospin à qui on demande des comptes sur son passé trotskiste.

J’ai pas de goût, aucun. Pire : j’ai très mauvais goût, je me roule dans le vulgaire avec délices, c’est mon kif, c’est ma drogue, c’est ma joie. Je me souviens que je m’étais taillée de ce groupe facebook monté autour de ce collectif après avoir poussé une gueulante sur ces lubies de censure qui commençaient à y fleurir, ça me dépassait qu’on préfère pas par exemple demander de la thune pour dessiner très exactement ce qu’on veut plutôt que dépendre financièrement de types insipides et sans imagination mais non apparemment on était pas beaucoup à tirer la langue dès le 6 du mois et bon on écoute jamais trop les punks à chien sur les bancs, on leur demande juste d’être d’accord quand il faut être d’accord. Et puis de toutes façons j’ai jamais été très collectif : les gens sont trop bêtes et ont de trop mauvaises idées quand ils font la moyenne de leurs cerveaux et puis je me faisais très, très chier mais alors autant qu’à une AG de la CNT ou bien à un repas avec des militants france insoumise pour donner une idée. Je suis retournée à ma tenue de Lucky Luke (quand il fumait encore des clopes), solitaire vers le couchant, et je me suis rappelée qu’on rigole bien mieux quand on demande pas la permission de papamaman pour faire ses conneries en loucedé.

Je vois que ça s’est pas arrangé depuis que je me suis taillée, comme partout c’est les plus grandes gueules avec les pires idées qui ont fini de prendre le dessus. C’est bien, c’est super, vous faites ce que vous voulez enfin je dis “vous” démerdez vous avec ça puisque je sais pas ce qu’est ce “nous”, et on finit par me demander si “J”‘ai bien signé ce texte de pétition, alors  faut virer mon nom de cette liste là pasque ça me fait bien mal au cul quand même, merde. Je croyais que me voyant pas trop causer “vous” (je sais pas qui ça regroupe du coup) aviez dument déduit que j’étais plus là mais j’avais aussi oublié que faut préciser que  l’eau mouille quand l’eau mouille. C’est ma faute, ma très grande faute.

 

* EDIT : alors non elles demandent pas l’interdiction. On sait pas ce qu’elles demandent d’ailleurs, elles froncent les sourcils en pointant un index pour dire que glénat a des gouts de merde (no shit) et que c’est pas bien et qu’elles sont très déçues. On dirait ma mère qui tombe sur ma boulette de shit.