Croûtes #26

je suis une feignasse d’un genre spécial, du genre hyperactive pour les conneries en fait. feignasse sélective, comme par hasard je rechigne à faire ce qui rapporte du blé et après  je chiale que je suis fauchée (mais sinon, sur quoi râler ?)

les Croûtes #26 sont dispos, comme d’hab clique etc :

Dürer me fait chier

Après avoir bien tiré la langue à graver la lino d’après Goya avec ma plus petite gouge me niquant les yeux, avoir bien fait attention à bien prendre le délicat papier voletant entre mes gros doigts de paysoune pour le poser très exactement à la très exacte bonne place, avoir roulé la presse douuuucement en retenant ma respiration, avoir découpé au cutter le papier assez fin pour rouler des spliffs, avoir marouflé en prenant bien garde à 300 trucs et entreposé mes gravures trèèès soigneusement gneugneugneu regarde comme je suis forte gneugneu

Grosse envie de pogoter sur du grindcore, là, alors j’ai gravé à l’arrache d’après un dessin tout autant torché directement sur la plaque alors que j’avais pas du tout prévu ça en ce dimanche d’ennui total -jacques martin chez ma grand tante à baffrer des religieuses me hante encore- expédié la gravure en 3h, retouché en 2 secondes, posé zéro repères, plaqué le papier n’importe comment et imprimé dans la foulée en faisant tomber le papier dans les poils de bubu, en foutant de l’encre partout, et vazy que je te tourne cette roue à toute berzingue c’est Dürer aux 24h du Mans, et vazy que je fais attention à rien et ça crisse dans les virages et tout. Et voilà : ma gravure pref depuis un sacré bon moment. Fallait juste assimiler le ponk que j’avais décidé de réveiller y’a quelques temps. C’est que le ponk a le cerveau loin de ses mains et les clous ça fait interférence, ça met du temps à cheminer. Et je pue grave de dessous les bras après tout cet énervement, c’est bon signe.

clique dessus pour la pécho

je sais plus qui au Trabendo

“c’est qui qui joue ?
-je sais pas”

de toutes façons je m’en fous ça pourrait bien être n’importe quoi que je slammerais, même du Sum41 c’est dire.

Ha ce vent de jeunesse sur nos nuques fatiguées, tant et si bien que si j’avais fait confiance à ma hanche j’aurais esquissé un pas de danse. Fattos est de bonne humeur, moi aussi, nous voilà partis, guillerets, direction le Trabendo comme jadis naguère d’antan nous marchions de concert pour nous rendre à la Centrale ou bien à l’Inca. D’ailleurs on avait décortiqué des cacahuètes à l’apéro, la preuve. Pas de crounch crounch sous nos godasses, l’avenue Jaurès n’est pas régie par Milos, pas de marche glissante, pas de piège à la con sous forme de tuyau surgissant du mur, ici c’est Paris on est prop’.
on sait pas ce qu’on va voir, mais on y va franchement. Fattos me dit que ça va être calme, je suis circonspecte : ah oui un samedi soir fin août après 2 ans de sevrage obligé de concert, really ? foutre dieu, qu’il est optimiste. Alors bon je le suis dans sa vision enchantée d’un concert à 12, j’ai déjà hâte du torticolis demain allez.

On arrive comme deux ravis de la crèche et un mec sapé comme un coboye avec un grand manteau et un chapeau et tout et tout demande nos pass, décidément cette dystopie est craignos. Ce soir je m’appelle Julie et j’ai pris 3 ans de plus.

faut faire la queue, qu’on nous dit.

Ha bon. La queue. Alors je m’aligne, en punk bien dressée, et je mate en dessous ah putain. “ha ouaaai j’aurais pas imaginé pardon pardon je suis désolé”. Ça grouille de monde. C’est à dire qu’après 2 ans de morne plaine musicale, une foule de concert normal c’est  World War Z. Y’a une putain de barrière posée devant la scène en plus je fais remarquer, c’est quoi ces conneries et comment on fait pour slammer et s’éclater dignement la gueule parce que tout le monde se sera écarté ? Paris, Paris, tu crains. “bon ben je propose q’uon aille boire un verre plutôt”

Ce qui est bien chez les vieux punks, c’est que ça cherche pas à se justifier. on a qu’à aller à Jaurès en plus y’a un vieux copain qui est là, je l’ai pas vu depuis pfiouuuuu je vais même pas chercher ça me fout le mal de crâne. En arrivant j’aperçois deux jeunes punks sacrément classieuses, une adossée à un poteau avec cet air de dire qu’elle a rien à foutre de ta gueule, elles nous regardent passer et je sors mon plus beau sourire gênant de vieille attendrie. Voilà c’était un super non-concert à base de discussions d’anciens combattants du punk-noise d’époques révolues à dire qu’on comprend rien aux musiques de jeunes, sauf que j’ai défendu Jul : jveux bien être snob mais pas avec les gentils.

Je crois que je commence à avoir l’esprit de Francis de ALF, je vais peaufiner mon Mocky.

Hardcore jusqu’à la mort, old school jusqu’à la moule.

imprimerie

hop, une nouvelle page s’ajoute au blog pour regrouper toutes mes gravures qu’on voit un peu l’étendue de mon immense talent ou bien en creux celle de mon incroyable flemme, selon si vous voulez me porter aux nues ou me dézinguer, comme ça y’en a pour tous les goûts sauf l’indifférence qui ne serait pas tellement supportable à mes beaux yeux. elle est retrouvable dans le menu tanx là haut. là dessus, je vais me reposer sur mes lauriers et aller manger des chips.

Ils se pomponnent

et hop, une lino d’après mon Caprice préféré de Goya. C’est une lino 3 couleurs typo dont 2 en réduction, sur papier wenzhou marouflé. 22 exemplaires de ce tirage unique, c’est trouvable sur l’échoppe.

bonus gros plan porno :