Comme un oiseau ivre libre de liberté libre

je m’en allais sur mes libres godasses
le long des libres chemins ivres
que ne vivais-je point jusque là librement
Le soldat, là, avec son trou, ne souriait-il pas ?

Ha la nature, l’enivrement libre
comme des herbes fofolles
dans le vent de mes pets

mogette, mogette, que ne m’as-tu soufflé
dans mon engourdie esgourde
ce vent libre de la liberté

 

putain j’en ai marre je vais vendre des armes

 

– Rimbo

fuck l’état

L’état est quand même cruel à traquer la moindre trace de créativité pour la flinguer que je me disais en pensant à ma jeunesse perdue dans le naufrage pandémique et ma rage qui gronde. Non je te cause pas de la fermeture des théâtres, non je te cause pas de travail, je te parle de tout ce qu’on porte, touTEs autant qu’on est, qu’on soit artiss estampillé, artiss du dimanche ou pas artiss du tout, je te cause de ce qui fait que l’art c’est ni le divertissement ni l’évasion, ces instruments de pouvoir, mais ce qui fait que l’art a cette chose magique de te parler, à toi, ou existe pour exprimer quelque chose qui échappe à la domestication du langage.

Perso j’ai envie de tout cramer quand je n’y arrive plus. ça a l’air con hin dit comme ça, mais faut pas croire j’arrête pas de réfléchir en ce moment y’a que ça à foutre :  j’ai envie de tout cramer de ce qui m’empêche de créer comme je voudrais et de dire ce que j’ai envie, moi et moi seule, de dire. Que ce soit le boulot, que ce soit le fric, que ce soit le genre, que ce soit la pulsion autoritaire, tout ce qui chercher à délimiter, d’une façon ou d’une autre, mon expression à moi et pourquoi je crée. Tout ce qui voudrait domestiquer cette expression. Ce bon dieu d’état attaque ma part créatrice, ce gros con, en tuant ce qui la nourrit, mon lien à mes amiEs, quand t’es passé du fanzine distribué aux potes pour en faire un ulele t’as rien fait d’autre que te conformer. tu perds en fun, tu perds en verve, tu perds le cœur puisque tout ce que tu voulais en dessinant c’était faire rire tes copains ou les émerveiller, c’était toi et toi seulement et pas vouloir le pognon ou la reconnaissance t’as pas besoin d’être reconnue quand on te connait déjà, eh pardi.

Franchement moi les meilleurs trucs que j’ai sortis c’est ce que j’ai fait parce que je les destinais à des copainEs, tout le sel, toute la polésie, toute la verve et tout l’humour ça n’est pas que moi : c’est le lien entre nous, et ce lien fait terriblement défaut aujourd’hui et je m’acharne à le retrouver et le réveiller . Parce que mes meilleurs dessins et mes plus belles gravures sont l’expression de l’amour et de la vie. Sylvaine Téton est née d’une amitié, Rock zombie était destiné à des copainEs, la gravure “ma soeur” est pour une amie et mes aquarelles sont pour les gens que j’aime.
Parce que ce lien c’est mon art parce que ce lien c’est ma vie, parce que le manque de mes amiEs dans la merde qui va grandissante ne me conduit à aucune autre conclusion que la généralisation de la mort, parce que le lien c’est ce qui fait naitre aussi la beauté et le rire, et à tout prix je veux rappeler pour quelle raison on aime la création, pour quelle raison on fait ou on écoute et regarde de la musique ou du dessin, qu’on baigne avec bonheur dans un pogo entourés de copainEs déchainéEs et hilares, la putain de vie mon gars !

Vive la vie, bordel de merde, et feu à l’autorité qui veut la flinguer !

Mon pote Naga a réclamé le retour de Youth avoiders, et putain oui.

 

 

légère comme un pet

wahou dis donc. Qu’est-ce que je me sens mieux, dingue comme juste être suivie peut modifier sa propre perception des choses et modifier sa propre importance. Hier j’ai décidé d’atomiser mon gros compte touitteur après cette fureur à avoir constaté qu’on a enfilé un costume dont on voulait pas, ce gros compte suivi par plus de 6000 personnes vu que ça faisait presque 10 ans que je l’avais et que j’étais passé par une phase “militante” à la con qui m’a fait twitter des trucs à succès de type “le patriarcat c’est de la merde et l’eau ça mouille”, renversant n’est-ce pas. Piégée, je me suis retrouvée avec tout ce que je déteste : des gens à m’écouter quand j’ai juste envie de raconter des conneries et de partager mon taf.

Retour à un petit compte, discret et à ma taille et c’est parfait comme ça et j’ai retrouvé mon sens de l’humour : il était dans mon cul qui avait fini plus haut que ma tête, c’est que c’est pas très confortable. Je suis tanx, je redécouvre tous les 4 matins comme si à chaque fois je devais exécuter le tour complet des représentations pour revenir à ce constat tout bête ha bah je suis moi quoi. Je représente que dalle, je prétends rien. Madame Putois qui rock avec des zombies revient en force et je suis bien contente. tanx c’est une connasse aussi qui veut passer par le maximum pour ensuite dire “bon okay peut-être que j’ai exagéré un poil mais j’en avais grand besoin”. Mais si cette volonté de tuer tanx est aussi paradoxale c’est bien que c’est mettre beaucoup d’importance dans qui est tanx, ce noeud que j’avais pas vu, tsais, ce qui fait que mes potes me demandent “mais enfin pourquoi tu as cette nécessité d’écrire”. J’ai la nécessité d’écrire parce que je pose ainsi des jalons et pour moi en premier, ça n’est pas tant une volonté de convaincre mais de m’expliquer à moi-même où j’en suis et comment j’organise ma pensée, c’est sans doute aussi d’avoir beaucoup vécu dans les livres et de mettre beaucoup de sens dans les mots, c’est que vouloir d’un art qui est la vie fait aussi que la vie est dans l’art.Ben si, je suis tanx pardi, et je vais pas la tuer mais tuer son importance c’est différent, juste la remettre à sa juste place et dans le fanzinat et les gravures, et baste.Ca va avec le pognon, tout ça, et ce truc débile d’en arriver à enfiler le costume d’artiss quand toi t’as juste envie de dessiner quand t’as envie et de glander quand ça te chante, et qu’on te foute la paix.

Bon beaucoup de bruit pour rien, un pavé dans ma petite mare, mais qui a des conséquences à mon petit niveau et conséquences dont je suis très heureuse puisque c’est ce que je voulais, jvais pouvoir continuer à raconter mes conneries sans qu’on m’emmerde.

 

 

il pleut de la merde

Chuis comme ça, moi, con comme  un manche : quand il pleut de la merde je joue aux Fred Astaire en rigolant que tout n’est pas perdu tant qu’on peut chanter. C’est absurde, de trouver de la force quand tu lis de l’inquiétude anxieuse dans les yeux de copainEs et que tu sais que c’est pas bon signe du tout, c’est qu’on est même très mal barréEs. Mais c’est comme si à ce moment là y’avait pas d’autre choix que prétendre que mais si putain regarde là et là les silex que tu frottes ça fait des étincelles juste tu regardes pas où il faut t’es à regarder là où t’as l’habitude de regarder, tu vas voir le feu va bien finir par prendre, regarde-moi je suis bien encore là et de plus en plus VNR, et je t’assure si tu regardes dans le détail le tableau est pas si moche, et c’est toujours pareil : le général occulte le particulier.

la rue

Franchement, rentrer à 19h quand le soleil est encore haut et le ciel limpide c’est pas humainement possible. Alors chuis rentrée du pont d’Austerlitz à mon nord parisien à pinces, et puis je voulais voir comment ce nouveau confinement est respecté, et j’ai eu des boulevards entiers vides rien que pour mes balades, le putain de luxe. Les rares pelos croisés ont repris les habitudes de confinement vu que désormais on est 12 dehors à ces heures, on est d’autant plus visibles. Mon truc c’est regarder mes pompes et prendre un air soucieux quand je croise les flics, jme suis faite avoir à avoir l’air d’une crétine en plein tourisme au premier j’ai appris ma leçon : pas avoir l’air jouasse, surtout pas, c’est suspect. Très  peu de meufs encore, ou alors à la rue quand  elles sont pauvres, ou alors avec un air réellement pressé de rentrer quand elles ont du pognon. Les gus croisés ont repris les discussions et les petits signes de tête entendus, et ça me réjouit.

Vers Répu, un mec me hèle, il a son téléphone à la main et me demande si je parle français, de façon approximative, je réponds oui et il parle à son téléphone puis me le tend. Il a une appli google trad parce qu’il est Turc et cause pas un mot de français, et son téléphone me demande pourquoi j’ai l’air triste. Je lui dit que que je suis pas triste, mais préoccupée parce que le fascisme arrive. L’appli fonctionne bien mais détailler mon inquiétude en étant correctement traduite par le machin c’est un peu trop optimiste, aussi quand j’essaie d’expliquer au téléphone que si les gens ont déjà peur de griller un couvre feu ou un confinement je sais pas bien comment on va se fritter avec des fachos partout, alors j’abandonne. Le gars me propose de boire un verre avec lui, je regarde autour ha oui y’a des épiceries encore ouvertes. Mais je décline pasque j’ai encore de la route et la discussion, si chouette soit-elle, risque d’être vaguement pénible et frustrante.

La lumière est super belle, je hume l’air sauf que j’ai encore trop fumé de clopes et y’a encore trop de caisses, ça sent pas trop le printemps. Je finis par un détour par un endroit où y’a toujours du monde à zoner, couvre feu ou pas, confinement ou pas. Ça se fait rare dans ce Paris que j’arpente que depuis 2 ans, même en si peu de temps j’ai vu l’embourgeoisement grignoter les pauvres, et les rares à trainer encore sont de plus en plus misérables. Stig Dagerman disait que pour aimer paris il faut y être de passage ou avoir du fric, et je commence à haïr pas mal cette ville où je peine de plus en plus à croiser mes semblables, et si je sors toujours en balade, c’est que mes semblables sont dans la rue. et je sais pas par quel miracle ils arrivent à rester drôles