malheureux

Y’a un gars, hier, qui nous a payé un verre parce qu’il venait tout juste d’apprendre son divorce. Je l’ai félicité en lui disant que c’était une nouvelle vie qui commençait, en me roulant ma clope. Non : il voulait chouiner. Bon alors j’ai été sympa et parce que je suis une grande romantique je lui ai dit que passé la rancœur fraiche des ex-amoureux il était toujours possible de construire des amitiés.

Con que je suis à parler en queer à des hétéros : il a levé les yeux au ciel en faisant pfftt amitié amité, tu parles, elle est partie alors que l’appart est tout juste fini de payer elle a pas mis une thune dedans parce qu’elle bossait pas.
-Ha mais tu me parles pas d’amour là, coco, tu me parles de thune, je lui fais remarquer.
-Ha oui.

-et ta meuf là, elle est donc partie sans une thune, sans appart, elle a pas de boulot et elle te doit pas un rond ? ok je veux plus rien entendre de plus.
-mais je…
-JE VEUX RIEN ENTENDRE JE TE DIS.
et j’écrase ma clope et jme casse rejoindre ma pote avec qui on taillait un tas de costards à la gente masculine depuis 2h déjà.

Cette capacité à retourner des avantages en prétextes à se faire consoler chez ces gros cons m’épatera toujours : il est malheureux parce qu’il est proprio d’un appart tout seul à Paris et parce que son ex lui doit rien, le pauvre poussin.

Au patron du rade venu plaindre ce couillon qui ne cherchait rien de plus que me draguer gentiment et qui commençait à prendre sa défnese, j’ai dit qu’on restait celib des siècles pour nous êtres farcis des abrutis pareils, alors il peut bien encaisser que je l’envoie chier et essayer tenir 15 mn tout seul. L’effarement s’en est suivi de l’hilarité générale, faut croire qu’user de logique fait de moi une humoriste de génie.

ces gars, là

Y’a des gars qui pensent que si on est sympa avec eux et qu’on s’intéresse à leur taf, c’est qu’on crève d’envie de tripoter leur bite et de leur foutre nos miches sous le nez. tu m’étonnes que ce ramassis de cons passent leur temps à se faire de la bonne grosse promo entre eux, je suis à peu près sûre que s’ils se décidaient à s’enculer pour de bon, comme disait Vivi, on nous lâcherait la touffe et on pourrait enfin croire que notre taf vaut réellement quelque chose vu qu’on arrêterait de le confondre avec notre cul.

Y’a des gars qui pensent que le chantage au taf avec le cul c’est un truc cool dis t’imagines, ce genre si peu fiers qu’ils agissent comme le plus méprisable du mainstream à pratiquer la promotion canapé sans vergogne. Je sais pas moi, mais quitte à agir comme ça allongez au moins la caillasse en conséquent, ça devient vexant de baiser des vieux porcs pour être éditée en riso à 12 exemplaires à un moment, nan ?

ce genre de gars, ils braillent qu’on est des saintes nitouches et à la fois des grosses salopes si on les rembarre, ils ont pas froid aux yeux à jongler avec les contradictions, c’est des acrobates de génie même. Ce genre de mecs y pensent qu’être libertaire ça veut dire monnayer leur intérêt pour ton taf contre une partie de cul, ce genre de mec est tellement sûr d’eux que si on est pas intéressée c’est forcément qu’on est des connasses coincées vu qu’ils sont irrésistibles, que leur bite, c’est dieu et que dieu, ça se refuse pas. Ces mecs là ça doute de rien, à chouiner que personne sait séparer l’artiste de l’homme quand l’homme fait de la grosse merde tout en continuant à utiliser son art pour faire avaler cette merde et que c’est bien la preuve que c’est un artiss.

Toi, sans doute que t’es du jambon, à même pas vouloir baiser ses majestés.

Ce genre de gars à bien réussir en politique, tsé, où tu peux agir comme la pire raclure tant que c’est pour la bonne cause ça passe tranquille. Faut quand même avoir bien peu de fierté pour instrumentaliser son taf pour obtenir de la baise, faut avoir une bien piètre estime de soi au fond quand on compte sur son boulot, sa renommée ou sa place pour faire pression afin d’obtenir des culs. chais pas moi, j’ai pas besoin de ça pour niquer dans la joie, et ça doit être pour ça que précisément, j’ai pas plus taffé dans l’underground autoproclamé qui considère le cul comme de la saloperie de dominant et tout ce qui va avec.

mardi philosophie

Bizarre conception, cette obligation de porter du tergal marron qui gratte passé un certain nombre d’années pour bien montrer à qui s’en fout complet qu’on a pas de souci avec ça, je me dis quand j’entends quelqu’un dire qu”‘on ne “veut” pas vieillir à continuer à s’habiller comme unE ado. J’t’emmerde d’abord.
“ne pas vouloir vieillir” parce que vieillir dans des sapes confortables et que t’aimes c’est pas possible, selon d’obscures lois de physique. T’es censée  kiffer le beige, te damner pour l’insipide, te pâmer pour des blouses en nylon. Les vieux en docs ça brouille trop les pistes. Et si on arrive plus à dater les gens hin, comment on va faire pour savoir qui mépriser ? si on commence à tout mélanger là, c’est le bordel, c’est le chaos, c’est l’anarchie !

“pas vouloir vieillir”, en voilà du concept, dis. tic tac tic tac ding ding ding voilà hop fini les conneries désormais tu mettras des vestes avec des coudes en cuir et tu rêvasseras à un pavillon de banlieue avec un puits en pneus devant, fini la rébellion, fini la rigolade, non mais ho t’as cru quoi qu’on pouvait rester coincée dans l’âge ingrat ?

“l’âge ingrat” comme si à 45 piges cracher sur sa propre jeunesse réellement ambitieuse l’était pas, ingrat. Jvous jure y’en a à penser à l’envers, c’est sidérant.

Good Mourning

L’autre jour je m’emmerdais sec à la Halle st Pierre, qui m’a mangé 30 % du prix de fanzines pour justifier le déplacement d’une table sur 2m et le très généreux prêt d’une chaise pour 2h, alors j’ai peint à l’aquarelle une pauvre bestiole sous un drapé en soupirant d’exaspération. Je me suis dit que quitte à faire artiste à la con, autant faire dans le mystère. Bref j’étais là à prendre un air inspiré pour faire strictement n’importe quoi, et puis j’ai rangé cette énième aquarelle que je finirai sans doute par détruire comme le reste.

Je suis une connasse de compète, c’est de notoriété publique. Ça veut dire que je réagis très exactement comme un mec, sauf que j’ai des nichons ce qui implique que je n’ai aucun d’humour et que mon travail perd de son intérêt au fur et à mesure que lesdits nichons se cassent la gueule, c’est mathématique.

mais bon force est de constater que je suis pas un mec la preuve c’est que j’entre moyennement dans leur jeu favori de la compète à base de je-suis-plus-original-que-toi-je-te-ferais-dire et que faire des procès et des scandales ça me fatigue (et bon faut bien dire : je passerais mon temps à ça vu quelle inspiration je suis pour le monde). Quand j’ai vu la bestiole drapée de Marchalot je lui ai proposé de la graver en lino parce que c’est un gars qui fait “ha ouai trop bien !!” quand  tu lui dis “he t’as vu on a fait des dessins qui se ressemblent c’est marrant !”. quelle ambiance de merde jvous jure, ce qu’il faut pas supporter.

Je lui ai proposé déjà parce qu’elle était mieux que ma bestiole à moi (j’ai bâclé par flemme), et puis parce que j’en peux plus de mes trucs ça me sort par les trous de nez alors graver d’après le travail de gens que j’aime bien ça m’enthousiasme beaucoup plus (Je précise ici que c’est moi qui demande à des gens que je connais et que c’est pas la peine de venir me faire chier avec vos dessins, je m’en fous et vous risquez fort de me donner envie de vous taper). Bref, tout ce gros pavé pour dire que voilà la lino que j’ai gravée et imprimée, et elle est trouvable sur l’échoppe.

 

dreams are my reality

Cette nuit, j’ai trouvé un prétexte pour me retrouver seule avec un copain et lui rouler des grosses pelles : je lui ai proposé de venir avec moi acheter de la brioche.
Imparable.

On est partis tous les deux, et je suis revenue avec de la brioche et en ayant oublié le gars en route. J’en ai marre de faire des rêves réalistes.