je sais plus qui au Trabendo

“c’est qui qui joue ?
-je sais pas”

de toutes façons je m’en fous ça pourrait bien être n’importe quoi que je slammerais, même du Sum41 c’est dire.

Ha ce vent de jeunesse sur nos nuques fatiguées, tant et si bien que si j’avais fait confiance à ma hanche j’aurais esquissé un pas de danse. Fattos est de bonne humeur, moi aussi, nous voilà partis, guillerets, direction le Trabendo comme jadis naguère d’antan nous marchions de concert pour nous rendre à la Centrale ou bien à l’Inca. D’ailleurs on avait décortiqué des cacahuètes à l’apéro, la preuve. Pas de crounch crounch sous nos godasses, l’avenue Jaurès n’est pas régie par Milos, pas de marche glissante, pas de piège à la con sous forme de tuyau surgissant du mur, ici c’est Paris on est prop’.
on sait pas ce qu’on va voir, mais on y va franchement. Fattos me dit que ça va être calme, je suis circonspecte : ah oui un samedi soir fin août après 2 ans de sevrage obligé de concert, really ? foutre dieu, qu’il est optimiste. Alors bon je le suis dans sa vision enchantée d’un concert à 12, j’ai déjà hâte du torticolis demain allez.

On arrive comme deux ravis de la crèche et un mec sapé comme un coboye avec un grand manteau et un chapeau et tout et tout demande nos pass, décidément cette dystopie est craignos. Ce soir je m’appelle Julie et j’ai pris 3 ans de plus.

faut faire la queue, qu’on nous dit.

Ha bon. La queue. Alors je m’aligne, en punk bien dressée, et je mate en dessous ah putain. “ha ouaaai j’aurais pas imaginé pardon pardon je suis désolé”. Ça grouille de monde. C’est à dire qu’après 2 ans de morne plaine musicale, une foule de concert normal c’est  World War Z. Y’a une putain de barrière posée devant la scène en plus je fais remarquer, c’est quoi ces conneries et comment on fait pour slammer et s’éclater dignement la gueule parce que tout le monde se sera écarté ? Paris, Paris, tu crains. “bon ben je propose q’uon aille boire un verre plutôt”

Ce qui est bien chez les vieux punks, c’est que ça cherche pas à se justifier. on a qu’à aller à Jaurès en plus y’a un vieux copain qui est là, je l’ai pas vu depuis pfiouuuuu je vais même pas chercher ça me fout le mal de crâne. En arrivant j’aperçois deux jeunes punks sacrément classieuses, une adossée à un poteau avec cet air de dire qu’elle a rien à foutre de ta gueule, elles nous regardent passer et je sors mon plus beau sourire gênant de vieille attendrie. Voilà c’était un super non-concert à base de discussions d’anciens combattants du punk-noise d’époques révolues à dire qu’on comprend rien aux musiques de jeunes, sauf que j’ai défendu Jul : jveux bien être snob mais pas avec les gentils.

Je crois que je commence à avoir l’esprit de Francis de ALF, je vais peaufiner mon Mocky.

Hardcore jusqu’à la mort, old school jusqu’à la moule.

de Tool à Jankélévitch (yolo)

Dans les kiffs depuis des lustres, Tool ne m’a pas quittée depuis que j’ai découvert à la suite d’un concert où j’ai pas pu aller faute de ronds, ils jouaient en première partie de Fishbone. Mon meilleur ami de l’époque a assisté au live, alors que je jouais au babyfoot avec mon amoureux contre Angelo Moore dans le bar du Confort Moderne. A défaut de thune, j’ai la classe que voulez-vous. On avait tout tenté, le décalque du tampon à l’eau mais on était alors aussi bras cassés et l’eau n’avait produit qu’une espèce de tâche bleue informe qui n’avait trompé personne.

Le pote était revenu enthousiaste, m’avait parlé de Tool en live en long en large et en travers, et on s’était par la suite noyés volontiers dans Undertow en s’enfilant des douilles. C’était vraiment bon, cette musique. Les douilles aussi.

J’ai suivi les sorties du groupe depuis. Tous les albums m’ont fait pareil : la première écoute me convainc pas plus que ça, et ça se bonifie avec la répétition, et chez moi c’est toujours signe que là, je tiens un truc qui me suivra longtemps, jusqu’à devenir des indétrônables. Je réécoute très régulièrement et particulièrement quand j’ai besoin d’être remontée. Maynard est un sale con, vraiment une ordure, je le sais comme dans beaucoup de groupes, comme chez beaucoup d’artistes comme partout dans la société y’a des connards c’est comme ça. Quand j’avais découvert y’a peu, l’an dernier je crois, le degré d’immondice de Maynard j’ai mis de côté Tool. Je pouvais plus. Là où il était drôle je ne voyais plus que le cynisme c’était affreux.

J’ai des tas de musiques différentes pour des tas d’humeurs différentes, Tool reste pour la mégalomanie qui peut me tirer d’états downs comme peut-être seul Meshuggah aussi peut le faire. Savoir que ce type est un sale con est une chose, refuser mon appropriation en est une autre. Écouter un connard me rend pas connasse, ça rend dingue comme des gens peuvent s’interdire d’écouter ou de regarder quelque chose qu’iels aiment parce que y’a cette donnée, omettant dans le rejet leur capacité à extirper ce qui peut être bon, le déni de sa propre capacité à discerner aussi comment on phagocyte. La séparation de l’artiste et de son œuvre, rabâchage à venir, n’est pas le point central, ça serait plutôt en soi, dans ce discernement de ce qui fait qu’une œuvre nous parle, à nous, avec notre vécu et ce qu’on est. Les artistes n’ont pas prise sur l’interprétation de ce qu’ils donnent à voir ou écouter, il ya des choses évidentes certes mais à aucun moment ils ne peuvent être sûrEs de la réception sauf à produire quelque chose qui s’éloignera d’une expression d’elleux-mêmes pour dire le plus précisément possible une idée la plus cadrée possible.

J’écoutais un truc sur Jankelevitch ce matin, il était question de sincérité et du flou qui l’accompagne qui la rend distincte de la vérité, c’est peut être là la distinction à faire entre l’art et la propagande. voilà du grain à moudre pour ma caboche encore comme si j’avais besoin, alors je vais plutôt me promener.

ça hurle

Jveux suer, jveux tomber, jveux me relever, jveux pleurer de joie, jveux hurler, jveux prendre tous les décibels dans la gueule, jveux être à moitié sourde et pantelante en commandant ma bière après, jveux voir les sourires qui peuvent pas se retenir, jveux voir des gens exulter

JVEUX POGOTER PUTAIN


le manque de la foule

J’ai l’impression que c’était déjà il y a un siècle depuis que je vis ici le temps est comme disloqué, mais c’était il y a un mois peut-être, on discutait avec des copains du manque des concerts. Le manque de la foule autour, de cette chose bizarre quand on est pourtant du genre agoraphobe et pas franchement sociable, d’aimer baigner dans un public de concert et se laisser porter par la marée enthousiaste, ça ne m’arrive que dans ce contexte et pas un autre. La copine a parlé de communion, j’ai trouvé que ça n’était pas si faux bien que je n’aime pas ce mot, mais c’est bien quelque chose de cet ordre, l’impression de goûter la même chose, les mêmes frissons, la même joie que ton voisin, la même que tout le monde autour, et les mains qui te relèvent quand tu tombes parce que la danse devient un peu sauvage, et les sourires, et les “ça va ?” pour repartir aussitôt. Se confondre et s’oublier tout en se sentant parfaitement soi et en accord, comme ça arrive très rarement. Et suer, suer et sentir la joie vouloir crier sans que tu puisses la contenir.

Les concerts particuliers de rentrée n’ont pas eu lieu, comme tant d’autres choses. Me baigner dans un public de concert de rentrée et son ambiance particulière de retrouvailles après l’été me manque, et j’aurais pas cru, moi qui l’an dernier disait ma lassitude detout ça, être rentrée tôt après la première partie comme une mémé blasée, c’est que je ne savais pas qu’on en serait privés et pour longtemps. Je me refais des live sur youtube, tristement, et je vois le public remuer, ce concert de Limp Wrist fabuleux, ou celui de Fugazi où la foule braille en cœur, ça me secoue quand même de frissons et j’ai les larmes d’une joie enfantine qui montent, comme à ces plus merveilleuses soirées devant des concerts dont on sait qu’on s’en souviendra longtemps, où il s’est passé quelque chose de magique.

mais bon, I am a patient boy, I wait I wait I wait I wait, jusqu’au foutu prochain concert, et je sais bien qu’il sera forcément fabuleux.

 

FAT KO

Dans l’ombre de la disparition de Mickael Jackson, 2009 vit naitre une des expériences musicales les plus ambitieuses de ce début de siècle. Malheureusement extrêmement peu de gens eurent le privilège d’écouter ce bijou incroyablement ciselé que fut cet unique disque de FAT KO, Tank33

La légende dit que ce disque aurait été entièrement composé pour rendre hommage à une dessinatrice de génie lorsqu’elle atteignit l’âge messianique, mais que ces musiciens de l’ombre durent rester discret pour ne pas ébruiter leur lien avec ce gourou du crayon. Nous avons des informations tangibles sur ces musiciens non moins géniaux qui accouchèrent de ce chef d’œuvre, mais notre probité nous interdit d’en divulguer le moindre indice. Nous nous contenterons modestement de mettre à disposition du monde ces 7 morceaux, symbolique du chiffre, en conseillant malgré tout aux personnes souhaitant accéder à ce Nirvâna de se préparer psychologiquement.
Un fauteuil dans lequel caler son cul est du meilleur aloi pour éviter de se péter le coccyx en s’écroulant de stupéfaction :

1/ Portishred

2/ Mojhète+beurre

3/ Mayonnaise

4/ Andouillette (pizza !)

5/ Chaleur Intense

6/ Tu m’emmerdes connard

BONUS TRACK : vitesse lunaire