le retour du couignamane hasardeux

hier il pleuvait et j’avais la flemme, comme un février tout à fait banal. Je me suis trainé comme une limace pendant un bon moment et puis je suis tombé sur une pomme qui ridait dans la cuisine.

Une pomme esseulée avec la peau fripée qui attendait son funeste destin, or chez moi on mange pas de fruits : c’est pas assez badass.

Alors je me suis dit que j’allais faire une pizza pour le soir et un kouignamane à la pomme frippée comme j’avais fait ça y’a quelques temps

j’ai fait comme la dernière fois : n’importe quoi un peu au pif. Une pâte à pizza, quoi, sauf que je l’ai pas salée et une fois levée comme d’hab j’en ai prélevé 100 grammes pour faire mon truc.

Donc comme la fois précédente, j’ai mélangé du beurre (rappel que le beurre doux n’existe pas) et du sucre (à proportions égales, ça c’est décidé au pif aussi), j’ai mis la pommes tranchée en lamelles (et pas en quartiers, histoire de varier) à mariner une fois saupoudrée de sucre et de cannelle.

j’ai fait mon « feuilletage » comme la dernière fois, mais ma pâte avec trop de beurre (non pardon, y’a jamais « trop » de beurre, pardonnez moi mon offense Saint Robuch) avait fini par fusionner avec le support où je l’étalais. Alors bon j’ai disposé mes lamelles de pommes (désormais avec du jus qui a bien suinté) dans le fond de mon moule à manqué, j’ai versé le jus  par dessus et j’ai fait de la maçonnerie avec la pâte par dessus. Je me suis dit que ça fait un peu tatin-couignamane, encore une fois, je voyais pas trop comment du beurre du sucre de la cannelle de la farine et des pommes pouvaient donner un truc dégueu à la fin, qui vivra verra, il faut vivre intensément, carpe diem, etc.

Et j’ai enfourné (au pif, 180°, temps de cuisson au pif aussi en surveillant que ça crame pas)
et j’ai démoulé le bazar (mettre une assiette dessus, se concentrer fort pour retourner d’un coup sans tout foutre par terre) et Ô SPLENDEUR

« putain ça a l’air carrément porno » a été ma première pensée
Tout de même méfions nous bien des apparences, alors histoire de vérifier j’ai goûté et c’était effectivement très porno avec le jus qui avait caramélisé au fond là. Et donc j’ai couru me chercher une bombe de chantilly pour me faire repousser mon gros cul séance tenante.

 

ragoütoütoü

Vous êtes rentré fourbu de promenade, vous avez raccroché le perf clouté à sa patère et enfilé vos charentaises à sequins. Que se faire à manger en retour de balade à zoner dans Paris dans l’espoir de se faire repérer comme futur Ministre de la Flemme ?  Poucrave répond, avec ce repas simple, léger et délicieux.

Commencez par le traditionnel tour de placard dominical pour rassembler ce qu’il faut pour tenter d’avoir des idées sans garantie aucune de devenir prix Nobel d’Einstein pour autant.

Patates, carottes, oeufs, farine, vieux reste de chocolat, oignons, bouquet garni, sucre et sucre glace, du vin blanc Fin Bouquet, un reste de jambon serrano, beurre, des bouillons de légumes en cubes. Tout est a priori chiant à crever dans ces ingrédients, mais c’est oublier l’incroyable talent de poucrave pour agrémenter les plus somptueuses chiasses de paillettes chatoyantes.

Ordonnez tout ça et séparer le sucré du salé pour confectionner là un ragoutoutou de pauvres et un dessert pas trop de pauvre pour après. Il s’agit d’une ancestrale recette  héritée de lignée de pauvres deux-sévriens pour palier aux pénuries de mogette. Un plat dévoré avec joie, entrain et appétit car le deux-sèvrien est ainsi : joyeux même même si on le balance dans le tas de fumier devant chez la voisine Fernande, dont le mari Joseph (ne pas confondre avec Marie Joseph qui est votre mère-grand dont la spécialité est un talent inégalé pour planquer le solutricine de Papi)  ne manquerait pas de vous engueuler d’avoir tout mis le bazar dans son organisation de fumier sauf que vous comprendrez rien vu qu’il pâtoise et qu’en plus il se bidonne.

Cette leçon de vie dument assimilée en promesse intérieure de ne jamais jamais foutre ô grand jamais, revenons à nos chèvres :

d’un côté : les oeufs, farine, chocolat, beurre, sucre, une vague nostalgie des champs du bocage et du petit pont sous lequel on allait fumer des clopes avec un de ses adelphes (c’est le mot tendance à paris pour les fratries inclusives, ça permet de gagner du temps plutôt que faire son Eddy Mitchell pour sermonner sur le boogie avant les prières du soir. enfin si j’ai bien tout compris) dans la plus pure tradition du vol de gauloises parentales. On apprend tôt chez les ploucs, pas comme ses précieux citadins à attendre la faculté d’études supérieures de la sorbonne de gros snobs pour éventuellement commencer à penser à commencer leur cancer avec des Vogues mentholées et encore. Il faut entretenir les mythes et bien puer le vieux cendrier assez tôt dans la vie pour conserver son air maussade en plissant dument les yeux comme Clinet Iswoude dans son blouson noir en plastique de chez Jennifer et ainsi terroriser quiconque avec un bac +12 qui passe devant ton spot à canette sans trop te fatiguer. Effet secondaire non négligeable : révèle la réelle nature de canette de 8.6 de ta 50cl de Cristalline à la pêche aux érudits, car le vrai travail ça fait comme les lunettes dans They Live ! et à Paris encore plusse que devant le Courlis (déso je fais de la rubrique mode et cuisine de niche de niche de niche). Mais revenons à nos moutons.

Pour confectionner, donc, des éclairs au chocolat. Tapez « éclairs au chocolat » et suivez la recette sur Marmiton (n’oubliez surtout pas de lire les commentaires si vous voulez remplacer le beurre par des huitres).

pour le ragoutoutou c’est très simple : peler des patates, peler des carottes, éplucher des oignons, couper tout à l’opinel traditionnel qui sert à couper tout ce qui doit être coupé. Mettre à fondre les oignons dans du beurre.

Quand les oignons commencent à avoir l’air cuits, tu singes le bazar (Ça veut dire que tu saupoudres de farine, pas que tu l’imites pour le faire marrer) tu touilles bien et tu mouilles (je… non rien) avec un fond de vin blanc fin bouquet premier prix. Attention ! Ne le buvez surtout pas pour faire passer le temps, sous peine de finir comme dans Street Trash. L’époque lointaine où on picolait la Pelure d’Oignon comme si c’était du Cacolac est révolue, maintenant vous buvez le gaviscon à même la bouteille en déblatérant des conneries sur France Culture. C’est ce qu’on appelle « mûrir » (C’est comme purtir un peu.*)
Ensuite, tu ajoutes le bouillon en cube dilué dans de l’eau chaude pour obtenir un véritable bouillon de légumes, tu touilles, tu ajoutes les carottes et les patates débitées en morceaux assez gros, le bouquet garni et tu baisses le feu pour laisser mijoter le temps qu’il faut pour que ça cuise sur feu plutôt doux.

Le temps que ça cuise, tu peux assembler tes éclairs au chocolat avec la pâte et la crème qui ont pu refroidir. Quand  le ragoutoutou est prêt tu peux le déguster devant Derry Girls, une œuvre incomparable portant sur l’art de vivre en zone perturbée quand on a pas un rond et qu’on adore faire n’importe quoi.

et voilà le powerpoint de 3 photos  de la totalité de la confection du repas :

le chou pour l’éclair à la sortie du four. alléchant déjà.

les ingrédients bruts et sauvages du ragout de naguère.

 

glaçage de l’éclair traditionnel sur assiette à radis (mon unique assiette à dorure a péri dans un accident d’évier)

les plus malins auront noté que le jambon a disparu. je l’ai mangé façon régime paléo : à même la barquette, debout et en grognant pendant que les choux cuisaient.

* Poucrave assume l’entière responsabilité de ce running gag et prend la responsabilité de tout lever de yeux au ciel et autres soupirs d’exaspération.

un public exigeant.

une sorte de couignamane yolo aux pommes

c’est dimanche samedi et vous émergez du pot de départ d’un ami de son boulot de merde : vous êtes donc jouasse mais avec la tête trop à l’envers pour faire quoique ce soit d’un peu plus évolué qu’une exploration de placard pour vous bourrer le bide. Et ça tombe très bien : moi aussi.

vous l’avez pas demandée, vous en avez rien à foutre, voilà la recette du fameux couignamane yolo aux pommes de la blogueuse mode poucrave !

J’ai un bout de pâte à pizza qui trainasse encore, deux pommes (??), de quoi faire des trucs dans les placards et évidemment du beurre sinon j »aurais trouvé un peu de force pour ramper au carrouf.
je me lance donc dans la confection d’un couignamane yolo, car je vis loin de la fureur bretonne et même pas un peu près de Montparnasse, je suis donc à l’abri des représailles et de toutes façons j’ai droit parce que je viens du NORD Deux-Sèvres. C’est là où on a du goût, contrairement au Sud où se trouve Niort, la mojette cuisinée avec des carottes et des lardons, et du beurre doux. (la frontière nord-sud des deux sèvres traverse un malheureux village déchiré depuis des siècles, où courent des histoires tragiques d’amours impossible, de fratricides, de meurtres politiques, et de portes qui claquent bruyamment).

la blogueuse mode poucrave en pélerinage au célèbre Calvaire du Beurre à la Chapelle Saint Laurent

donc j’ai : le bout de pâte à pizza (environ 150 grammes) qui a levé 24h vu que j’avais la flemme, une des deux pommes coupée comme pour une tarte saupoudrée d’environ 10gr de sucre et de cannelle, un mélange de 50gr de beurre mou+40gr de sucre que j’ai bien touillé en pommade. Tout ça c’est décidé au pif, car je ne respecte rien.

donc j’ai étalé ma pâte le plus finement possible pour y tartiner un peu de la pommade délicieuse :

il faut replier ensuite, pour reétaler, pour retartiner, pour replier, pour etc etc etc jusqu’à pas tout à fait épuisement de la pommade pour avoir un feuilletage et surtout plus de beurre sur le plan de travail que dans la pâte c’est très important. J’ai décidé de couper en deux dans la longueur (?) pour étaler la dernière couche de pommade et y coucher les quartiers de pomme en leur susurrant des mots demi-sel

J’ai roulé les deux bouts de pâtes garnies et j’ai eu le double gourdin :au four préchauffé à 180° pour 15mn (toujours un peu au pif, je fais confiance à mes gênes) et  je vais dire que j’ai fait exprès que y’en ait un qui s’est déroulé :

j’ai pas encore goûté c’est trop chaud mais franchement, de la pâte du sucre du beurre et des pommes je vois pas trop comment ça pourrait être dégueulasse.

Et bon appétit bien sûr !

 

 

patates-vers

hier soir j’avais faim, et j’avais la flemme.

J’ai fait le tour de mes non-courses et j’ai décidé d’exploiter mes dernières patates pas bien grosses, selon une des bibles parmentières. Sauf que j’avais plus que 3 pauvres fuilles de laurier, zéro romarin et que tchi en thym. bon tant pire, j’ai coupé de l’ail frais en très fines lamelles histoire de parfumer quand même.

tu suis la recette de la dame et normalement ça fait un truc dans le style une fois sorti du four sauf que si t’avais des herbes tu vois de l’herbe sortir des encoches, quoi

tu mets dans une assiette et hop : on dirait de gros vers !

je savais pas comment accompagner. Me restait un peu de crème liquide, et tiens ah oui j’ai des échalotes… Eurêka : c’est le moment de faire une recette typique française poitevine deux-sèvrienne nord deux-sèvrienne de ma mère. On a un talent pour les choses légères dans la famille. C’est une chantilly salée avec des échalotes hâchées finement dedans. faut procéder comme pour une chantilly (crème très froide, placée un peu avant au congèl, le bol au frais itou), sauf que bien sûr tu mets pas de sucre mais un chouia de sel et poivre, tu bats et tu incorpores les échalotes hachées. Ca marche évidemment avec de la ciboulette si y’a.
Et tu baffres ça en t’extasiant et tu pètes toute la nuit.

très belle chantilly salée

 

cuisine diététique adaptée à l’organisme perrave

aujourd’hui j’ai relu mon analyse de sang et patatrac : grosses carences en vitamine D et en fer. Je vais être obligée de me goinfrer de magrets de canard et de saumon fumé et d’aller faire des siestes au soleil après au parc, quel drame.

En attendant de chourrav ce qu’il faut, je peux  déjà me faire un petit beurre de sardine pour palier le coup de barre qui arrive effectivement 666 fois par jour, chose qui a peut-être enfin trouvé une explication scientifique autre que qui s’ajoute à la grosse flemme naturellement contenue dans mon  organisme.

Pour une boite de sardine (je prends des marinées au citron et basilic), je mets le même poids en beurre que de sardine (y’a de la vitamine A, mieux vaut prévenir que guérir une autre carence : bon vivant rime avec prévoyant). Je laisse ramollir le beurre. Je mets un poil d’ail en plus, des herbes si j’en ai et hop, j’écrase tout ça à la fourchette pour faire comme une sorte de pâté pas très appétissant à mettre au frais et à ressortir pour déguster sur du pain frais tout juste grillé.

Pas cher, rapide, sain, délicieux, qui ressemble à rien, c’est bien simple : on dirait moi.