il pleut de la merde

Chuis comme ça, moi, con comme  un manche : quand il pleut de la merde je joue aux Fred Astaire en rigolant que tout n’est pas perdu tant qu’on peut chanter. C’est absurde, de trouver de la force quand tu lis de l’inquiétude anxieuse dans les yeux de copainEs et que tu sais que c’est pas bon signe du tout, c’est qu’on est même très mal barréEs. Mais c’est comme si à ce moment là y’avait pas d’autre choix que prétendre que mais si putain regarde là et là les silex que tu frottes ça fait des étincelles juste tu regardes pas où il faut t’es à regarder là où t’as l’habitude de regarder, tu vas voir le feu va bien finir par prendre, regarde-moi je suis bien encore là et de plus en plus VNR, et je t’assure si tu regardes dans le détail le tableau est pas si moche, et c’est toujours pareil : le général occulte le particulier.

dimoche

le constat d’aujourd’hui c’est que le soleil dans la gueule n’annule pas france info ni les dissonances de ce monde. Je me refais donc un café en pestant qu’on est bien prompts à culpabiliser les gens dehors sans regarder où se transmet le virus, parce qu’on l’aime son petit papa état, on ira pas le contredire, on le kiffe son petit travail on ira pas l’arrêter, et pour ça on se doit d’avoir une mémoire très courte et d’oublier les morts invisibles, nier les séquelles possibles chez des mômes qu’on oblige à ingurgiter la république raciste, miso et te plantant bien profond dans le crâne que t’es là pour servir, le tout en baignant dans les miasmes, et surtout bien taper sur la gueule des fous inconscients qui veulent réduire toute cette saloperie en cendres.

M’en fous chuis folle.

je suis nulle

Vu que j’ai pas mal d’autoportraits mais pas assez pour remplir une publi un peu conséquente mais ça fait un chiffre intéressant (13), j’ai écrit un texte nul sur la nullité pour alterner avec ces crises égocentriques. Ça fait un zine de 24 pages avec plein de couleurs, ça fait 14x19cm et c’est en prévente sur la boutique. Ça sera envoyé dès que je le reçois, fin mars grand max a priori.

aller couper du bois ou bien aller jouer dans une casse auto

samedi huile de vidange, ça graisse et ça pègue aux entournures, j’ai la gueule de bois pas si affreuse que j’aurais pensé. Ça me donne un teint intéressant et des poches Darylesques. Bon c’est chiant, trouver une arbalète dans le 18è, et les premiers bois sont trop loin et la flemme va me conduire à tout juste faire le punk sans chien pour aller choper du coca au franprix. C’est pas encore demain la veille que je serai à la hauteur de ma gueule du matin, les jours d’après la bière.

bestiole

“what’s the story behind flower beasts ?” m’a demandé un pote, décidément.

j’ai toujours trouvé un peu con d’expliquer la polésie, j’ai toujours trouvé dommage de péter la magie d’un tour en l’expliquant, alors tu penses si j’aurais l’air bête à dire ce que je mets dans mes bestioles fleurie ça paraitrait si idiot que je préfère prétendre que c’est mystérieux ou que ça échappe au langage. Mystérieux mon cul, autant révéler mon secret de bœuf bourguignon qui n’en est pas un : faut le faire cuire un max jusqu’à ce que ça ressemble plus à rien, facile.
Quand je me sens une merde triste, je me sens polète et j’aime pas ça, ça me rend mièvre et j’ai envie de me secouer comme un prunier, alors je sors l’aquarelle. C’est que j’ai la tristesse consternante et ces machins sont mine de rien assez forts tourner tout ça en ridicule. C’est qu’on chope pas le virilisme au coin de la rue en se baladant ou à fumer les joints qu’on m’offre à Pigalle comme si j’avais 14 ans. Enfin pas que.

Si j’aime bien Courbet pour ce qu’il raconte et dans ses contradictions, je le kiffe pas beaucoup en peinture ou rarement. Le réalisme m’emmerde assez de façon générale, je lui préfère largement Goya, le magnifique Goya, qui nous sert des sorcières qui volent et des démons qui se coupent les ongles avec l’air d’en avoir rien à foutre, et des scènes de foules apocalyptiques, dans des couleurs dingues et avec des chevilles épaisses de partout que Corben ne renierait pas. Chuis pas Goya, j’ai pas cette prétention (pas encore, du moins, je soigne mon melon), mais je le préfère, parce que y’a toujours dans un coin un bout de rire. La démesure et le grand guignol, la gigue diabolique et l’acerbe. Bref, on se fait beaucoup moins chier que devant un enterrement à Ornan quand même, si révolutionnaire soit cette peinture, elle reste désespérément réaliste. Y’a deux écoles, la réaliste et la pétée du bulbe, et j’ai décidé un beau jour de m’emmerder le moins possible dans la vie vu qu’on en a qu’une, alors bon ben voilà hin, on va dire que les flower beasts comme dit mon pote sont un choix pour les pétéEs du bulbe.