ces gens gentils à la con

Eske c’est possible de broyer son noir correctement sans être emmerdée dans cette ville ou bien ? C’est trop demander de pouvoir regarder le vide du haut des buttes avec la veste à patch qui vole au vent en essayant de faire abstraction du soleil pas raccord sans qu’un gars demande si sava tavu il fait beau aujourd’hui est-ce que j’ai la gueule à m’appeler Joel Collado franchement, eske je peux espérer ruminer tout mon saoul sans qu’un fripier qui était en manque de scorpions cet automne se montre d’un coup très enthousiaste à parler de dessin, qui m’agresse avec un  check et une proposition de café doublée d’une présentation affreusement gentille que j’ai pas demandée putain comme si il m’avait pas déjà assez émue avec ses scorpions à la noix nan fallait en rajouter une couche, eske c’est encore possible de froncer les sourcils tranquillement en pensant à la mort à Jaurès sans se faire interrompre par une mémé qui me trouve jolie et s’excuse d’être impolie par dessus le marché, merde à la fin ? les gens font chier dans cette ville à être gentils quand j’ai envie de râler, ils me gâchent mon spleen et maintenant j’ai juste l’air con à sourire niaisement et tu crois que c’est comme ça qu’on arrive à rouler des pelles, fait chier.

les barbares

NOUS SOMMES LES INDISPENSABLES braillent-ils en écrasant tout sur leur passage LAISSEZ PASSER JE SUIS UTILE ! hurlent-ils en piétinant les primevères peu rentables de leurs respectables godasses.

LA CULTURE EST UN REMPART A LA BARBARIE, s’époumonent-ils en se tenant le cœur, chevauchant les lourdes montures de l’apocalypse ministérielle. En haut des remparts, ça chante aussi, et, émus, on sacre essentiels, le fil de l’épée sur les fières épaules. Tu peux redresser la tête, tu peux attendre désormais serein l’avènement d’un état enfin respectueux de la Culture et la reconnaissant à juste titre son rôle d’élevage en faisant mine que c’était pas trop le cas jusque là. Tiens et ton percheron culturel peut pas aller bouter quelques maures du côté de Poitiers ? on a des entrées pour le puy du fou sur ta route ça peut t’inspirer et ça nous rendra bien service, et c’est de l’histoire c’est Sain(t), c’est pour éduquer nos chères têtes bien blondes mais dans  l’amusement.

Essentiels indispensables et utiles, nos magnifiques chevaliers s’en furent droit dans le mur fasciste, la fleur à l’épée, prêt à pourfendre tous vaurienNEs en travers  de leur grandiose destinée.

ouai ouai c’est ça ouai

mon vieux pote a raison à dire que je change absolument pas. Voilà, mes deux centimes sur la séparation artiste-homme, c’est qu’à vouloir séparer la glandeuse de l’artiste vous arriverez à que dalle. En changeant de classe j’aurais été entourée d’abrutiEs qui daronnisent respectablement en gros boomers qu’il faut pas casser la société et qu’il faut travailler sagement franchement comment voulez vous que je devienne pas dingue. Alors voilà, j’ai hâte de mes prochains vernissages à entendre ces couillons me dire que mon travail est fantastique (car il l’est), comme si ce taf n’étais pas produit par une punk à chien hihi
voici une planche parue dans Double Trouble, un livre sorti en 2006 ( sur cette page). Y’a des gens qui vieillissent, et y’en a non. Celleux qui vieillissent voudraient bien daronniser celleux qui le veulent pas et les ramener au raisonnable. La tension autoritaire, elle est aussi là et je prends ma pipe deux secondes pour froncer les sourcils dans mon peignoir en satin en insistant : méfiez vous BEAUCOUP de cette tension là. C’est la voix des agents ANPE que je voyais à l’époque, et ils étaient TOUS MALHEUREUX !!