ecce houmous

 

J’enjambe le chat, j’attrape du bout des doigts le sopalin sur la cheminée où y’a mes produits en vrac sous un plastique CANSON censé rester propre pour mon papier le temps qu’il s’imprègne d’eau. Je lève les bras haut pour ne pas me cogner dans le plateau de ma presse, je marche en crabe pour atteindre le petit bout de table où une vitre trop petite a recueilli l’encre étalée, j’encre en retenant la vitre avec une main et mon rouleau est trop grand pour l’autre, j’inspire profondément encore pour pas tout envoyer par la fenêtre, je me cogne dans un fauteuil dans le passage où j’ai posé le papier sur un carton format raisin, en équilibre sur les accoudoirs. J’encre le lino, la lumière éclaire tout autour de la tête et rien devant mes yeux, mon ombre suit mon rouleau et je l’engueule, je pose comme je peux le rouleau, en dégueulassant le coin de table pas adapté, je saisis un coin du papier, en exécutant ce que je préfère voir comme une gracieuse torsion, le format raisin humide ploie, je pose le petit côté sur mon repère. Je bouge la presse pour laisser la place au plateau lors de son déplacement. Je me saisis à nouveau d’un coin du papier, de l’autre côté ce coup-ci, et le lève délicatement. Je me déplace vers l’étendoir, 75cm à vue de nez, avec juste un tas de câbles au sol. Je regarde le tirage et comme d’habitude il est superbe, fin, l’encrage est bon et uniforme, la taille subtile et l’ensemble équilibré.

Je pense aux schémas dans mon vieux livre sur les techniques d’impression, qui donnent des exemples d’ateliers bien pensés, l’humide dans un coin, le sec dans l’autre, de la place et des plans de travail dégagés, en mangeant mon houmous au dessus de la seule toute petite table encombrée et en admirant mon chef-d’œuvre.

FAT KO

Dans l’ombre de la disparition de Mickael Jackson, 2009 vit naitre une des expériences musicales les plus ambitieuses de ce début de siècle. Malheureusement extrêmement peu de gens eurent le privilège d’écouter ce bijou incroyablement ciselé que fut cet unique disque de FAT KO, Tank33

La légende dit que ce disque aurait été entièrement composé pour rendre hommage à une dessinatrice de génie lorsqu’elle atteignit l’âge messianique, mais que ces musiciens de l’ombre durent rester discret pour ne pas ébruiter leur lien avec ce gourou du crayon. Nous avons des informations tangibles sur ces musiciens non moins géniaux qui accouchèrent de ce chef d’œuvre, mais notre probité nous interdit d’en divulguer le moindre indice. Nous nous contenterons modestement de mettre à disposition du monde ces 7 morceaux, symbolique du chiffre, en conseillant malgré tout aux personnes souhaitant accéder à ce Nirvâna de se préparer psychologiquement.
Un fauteuil dans lequel caler son cul est du meilleur aloi pour éviter de se péter le coccyx en s’écroulant de stupéfaction :

1/ Portishred

2/ Mojhète+beurre

3/ Mayonnaise

4/ Andouillette (pizza !)

5/ Chaleur Intense

6/ Tu m’emmerdes connard

BONUS TRACK : vitesse lunaire

 

des strips en veux-tu en voilà

Croûtes #13 / août 2020

J’avais sorti un Croûtes #13 en juillet mais voilà, mon stylo est possédé. Et bon plutôt que me ruiner en papier qui me reste sur les bras et les tiroirs qui ne sont pas les miens parce que les gens n’ont plus le goût de l’enveloppe timbrée, de la douceur du cellulose et de l’odeur de l’encre fraiche gnegnegne bref j’ai fait un PDF (clique sur la sémillante couv pour y accéder). Originellement il devait faire 88 pages mais une a sauté lors de la manœuvre et je vous cache pas que ça arrange l’antifasciste que je suis. J’ai pas tout mis des strips fait jusqu’à aujourd’hui, je referai des pdf t’inquiètes j’en ai gavasse comme on dit dans le sud-ouest. Bonne lecture.

croûtes #13

résonnez trompettes, le renouveau du retour des Croûtes sous vos yeux ébahis. Bon je me suis rejetée là dedans frénétiquement j’ai depuis l’envoi du PDF à mon reprographe fait de quoi remplir deux nouveaux zines si ce n’est plus, j’aviserai je sais pas quand vous faire un truc plus conséquent, mais on y est pas encore. Tout n’est pas sur le bloug, y’a donc des inédits (zidane) (oui déso je la fais à chaque fois). C’est sur la boutique, go