aquarelles

salut la compagnie

c’est la merde, et je navigue comme tout le monde dans un brouillard dense. Alors j’ai mis en vente des aquarelles sur mon échoppe, ça fait de la couleur.

c’est en attendant que je puisse reprendre mon travail de gravure, celui ci étant en suspend faute de place et le logement stable. Si vous avez un plan dans le nord-est parisien hésitez pas à faire signe ça me serait d’une grande aide

tiendez bon

 

écrire, encore

A l’annonce du couvre feu, l’écriture s’est mise à bouillonner comme mon sang, fallait que ça sort fallait écrire, une chiasse. Et je me suis retenue, ou j’ai laissé passer le minimum, pour pas tout inonder encore. pardon pour la métaphore mais c’est la plus juste.
Et je me suis dit : si t’as envie d’écrire , écris, putain, on s’en fout nan, mais que ça s’arrête pas là, que ça se cantonne pas à de la rage en mots.Tes questions de merde sur la légitimité à écrire, comme celle à dessiner, n’ont aucune place, nulle part, t’es ni mieux ni pire qu’unE autre, croire que tu doives te poser ou plus ou moins de question qu’unE autre relève justement de ce que tu cherches à détruire, alors vazy écris.
Te contente pas de kiffer le travail d’autre que tu pousses à faire ce que tu fais pas, comprenant très bien la différence que tu t’appliques pas à toi.  fuis les supports à mettre en avant le nom, ou cherche l’intimité du papier pour ça. C’est pas parce qu’on te place quelque part que toi tu t’y vois et agis en ce sens.
Écris ou dessine, t’es ni mieux ni moins bien placéE pour le faire que n’importe qui, fais le et fais le vraiment, en arrêtant deux minutes de te saborder puisque c’est réellement ce que tu veux faire, écris mais oublie pas que ça ne remplace pas, jamais, en aucun cas, la vie.
si tu gardes pas ça en tête un jour tu te retrouves comme Pivot à parler de commerce indispensable et comme tous ces connards à avoir inversé la charge entre livre et vie, à hurler pour du papier inconséquent. Si tu  fais pas gaffe, tu finiras à faire des colloques sur l’écriture, t’iras à france culture déblatérer et ça se trouve tu citeras Arendt toi aussi. franchement, qui souhaite ça à part les sachants à se montrer par ailleurs bien imbéciles à forces d’oublis des fondamentaux.
Fais gaffe, la pression qu’on peut se mettre quand on s’autorise à écrire, nous autres les pas faits pour ça, c’est ce qui fait aussi la sacralisation des arts, la démesure de la figure de l’écrivant et la morgue qu’on finit par adopter sans s’en rendre compte, parce qu’on s’est refusé de la liberté au nom d’un truc qui n’existe que dans la tête des dominants, la frontière invisible et pourtant très palpable. Parce que bon, si y’a une tension entre sa propre légitimité, le monde qui nous astreint, rien rien ne peut empêcher d’écrire, dessiner et d’aller bousiller malgré tout ce qui voudrait qu’on ne se sente jamais légitimes à être autre chose que des pauvres choses ballotées par la merde. Parce que finalement, écrire et dessiner fait partie aussi de la destruction des limites qu’on nous impose.
pour finir sur de la légèreté, une redif :

le seummet de mon art

pourquoi dessiner encore, je me demande à l’instant en découvrant ce qu’on devinait. Je baille, je mange un Monaco, je finis ma bière ouverte alors que je m’étais décidée à pas en ouvrir ce soir. Quelle incommensurable merde, à quoi ça pourrait bien servir de faire des petits mickeys encore quand j’ai juste envie de faire du land art option pyrotechnique. J’ai des envies d’espace que voulez vous c’est ça, être artiste qui vieillit, on a des envies fofolles et les gravures d’incendies sont trop petites, étriquées et presque mesquines, ça manque de souffle, ça manque d’ampleur, ça manque d’ambition.

C’est qu’aux beaux arts on me le disait déjà : travaille en grand ! en très grand ! en gigantesque ! des installations ! bon ben ok peut être qu’il faut aussi écouter les profs après tout, ça se trouve y’avait du bon là dedans.
Je pense au chef d’oeuvre de Courbet, sa participation à la destruction de la colonne Vendôme.

La france est une terre de culture y paraitrait, jvais t’en donner, moi, de la foutue culture tu vas voir.

j’invente un crossover à la hauteur de mon seum, vêtue de noir Soulages, de l’arte povera dans les poches, avec le coyote de Beuys qui court à côté, choper les matériaux de Viallat pour imbiber de la toile, allumer avec le briquet de Fischli & Weiss, et voir toute cette merde s’embraser.

les fêtes de noël

Maman va prendre soin de toi, t’inquiètes, repose toi sur elle. Papa très costaud viendra à bout du virus, papa c’est le plus fort, et maman te bercera jusqu’au vaccin en babillant parce que maman c’est la plus gentille et douce. Dors, mon bébé, sois en paix, aies confiance et reste dans le giron chaud. L’extérieur c’est dangereux, les gens dehors sont bizarres, ils ne te comprennent pas comme tes gentils parents, reste au chaud et mange ta soupe, fais tes devoirs et tout ira bien. Aies de bonnes notes, travaille sérieusement, c’est pour ton bien tu sais le monde est un champs de bataille et il faut t’armer, et t’armer c’est avaler, comprendre, assimiler et utiliser ses règles pour ne plus les trouver absurdes et tu les défendras à ton tour.

Dimanche on mangera ensemble parce que c’est comme ça, et on sera contents de nous, à la table bien mise avec la joli nappe, maman fera à manger pendant que papa prendra son petit apéro parce qu’il est fatigué et il sait pas bien faire de toutes façons, toi tu aideras maman parce que tu as bon cœur et tu n’es pas fatiguéE, parce que tu sais qu’il faut être gentil si tu veux qu’on soit gentil avec toi. Tu as peur, peur, que maman ne soit plus là, que papa ne soit pas le plus fort, tu as peur de l’extérieur, peur de mal faire et peur de l’avenir, peur des gens et peur de toi.

Un jour tu découvres que crier c’est pas bien, dire non c’est méchant, on attrape pas les mouches avec du vinaigre et comment veux-tu qu’on t’aime si t’es méchant comme ça à vouloir vivre sans t’occuper des autres ? tu ne m’aimes plus, voilà tout, une vie de sacrifices et toi tu es cruel alors que j’ai tout donné pour toi, tout.
tu ne sais pas ce qu’il te faut, tu fais n’importe quoi, tu vas voir des amiEs alors que des gens crèvent, et qu’on se tue à la tâche, est-ce que tu te rends compte ? Tu devrais aller prier pour le salut de leur âme plutôt. C’est quoi ces façons de faire de vouloir parler normalement aux gens dehors, regarde comme ils sont sales et fous, sûr qu’ils s’en foutent de distribuer un virus mortel, alors que de braves gens continuent à travailler sérieusement, ils l’ont cherché de toutes façons regarde moi ça, sûr qu’ils ont pas bien travaillé à l’école ceux là, le virus les aura et ça sera un juste retour des choses. On a rien sans rien, et faut pas s’étonner quand on joue les rebelles de se faire punir. C’est normal. Dire non c’est inconséquent, irrationnel et irresponsable et papa n’est pas d’accord.

On va le dire partout, que tu es un vaurien. Le monde doit savoir, noël doit avoir lieu, c’est de ta faute si des gens meurent, c’est de ta faute si tu crèves aussi, tu l’as cherché tu crois quoi, que la vie c’est du gâteau, et qu’être sur cette terre c’est flâner le nez au vent ? tu crois que tirer des feux d’artifices quand tu en as marre de manger les coups changera quelque chose ? tu crois que la joie qui explose en même temps que les feux est quelque chose de responsable ? On va décréter un couvre-feu, parce que tu comprends rien à la vie et comment elle fonctionne. Papa fera des rondes, et maman babillera, pour que des frères et sœurs ne soient pas salement influencés et ils seront rassurés qu’on les aime toujours, et toi tu seras puni comme le vaurien assassin que tu es.

Libertad était un enfant de l’assistance publique. Certains n’y verront que de l’anecdotique.

 

 
moins d’amertume, plus de Katerine :