Pascal

Martin embrassa Martine et lui demanda si il lui manquait quelque chose pour le repas du soir. Elle répondit que juste une bouteille de bon vin manquait, le reste était prêt. Un bourgogne, peut-être, mais elle n’était pas bien sûre. Il dit qu’il improvisera, il demandera au caviste le meilleur accord possible avec le plat, après tout maintenant ils devaient avoir étudié la question, il y avait fort à parier que les couples dans leur genre devaient maintenant la poser régulièrement. Et que l’argent, bien sûr ne serait pour une fois pas un problème, c’était exceptionnel et il fallait marquer le coup. Il prit le sac en toile élimé sur le buffet et profita de la promenade pour sortir le chien.

Elle ouvrit le four pour vérifier la cuisson, se tenant un peu en arrière pour éviter les projections de gras brûlant. Elle pensa que sans doute la durée légale de consommation était un peu courte, il lui manquait un peu de corps et elle trouva ça très dommage. À 30 jours seulement il était encore un peu trop chétif. Elle supportait mal qu’on fit les choses à moitié et si on devait autoriser les jeunes parents à manger leur bébé, autant leur permettre d’attendre 6 mois qu’il soit un peu plus gras et conséquent, qu’on puisse au moins inviter un peu de famille pour profiter de ce festin. Elle alluma une cigarette après avoir retiré le gant matelassé et soupira d’aise en regardant distraitement par la fenêtre.
Elle était si heureuse, Martin lui avait donné un si bel enfant malgré tout.