Féminisme et bande dessinée

J’ai déjà évoqué la misogynie qui imprègne mon boulot : les chroniques orientées, le choix des adjectifs pour parler d’autrice, la minimisation du travail, l’infantilisation, la sexualisation et j’en passe. La liste est longue.

Il faut du temps pour s’apercevoir que ce que tu peux lire ou entendre n’est pas isolé, il faut beaucoup de temps pour t’apercevoir que quasiment toutes les autrices que tu connais le subissent aussi. Je crois qu’on élude longtemps parce qu’on ne veut pas admettre ce qu’on prend comme une faiblesse et c’était mon cas.
Refuser de se dire victime de misogynie parce qu’on ne veut pas être victime, parce qu’on ne veut pas être faible, c’est l’antichambre du féminisme : quand tu tiltes que se dire victime n’a rien à voir avec de la faiblesse, passer de “je ne suis pas victime” à “je refuse d’être victime” il y a un tout petit petit pas qui change tout : c’est passer de “je suis pas une femme, moi, je suis pas faible” à “je suis une femme, et je vois aucune raison qu’on me piétine pour ça”.

Tardivement aussi j’ai réalisé que la misogynie est bien retorse, et que si lutter contre elle est une bonne chose malgré tout il faut faire attention pour ne pas tomber dans ses pièges.

Voilà, c’était ma petite introduction personnelle pour annoncer la mise en ligne du site du Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme, auquel je suis heureuse de participer, je vous laisse le découvrir.

 

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