No Means Rhoooo

 J’ai tergiversé longtemps, savoir si oui ou merde j’y allais, revoir mes Canadiens chéris au BT 59… le dernier concert au Rocher de Palmer y’a un an ne m’avait pas emballée plus que ça. Non pas que c’était mauvais, mais c’était pas l’extase connue auparavant, le poil qui se hérisse, la larme à l’œil, tout ça. Et puis y’a 10 jours, je me suis dit que merde, j’allais quand même pas rater NoMeansNo pour UN souvenir même pas mauvais ! Donc hier, je m’arnachai comme pour une virée dans les Andes et enfourchai ma fidèle monture pour me rendre à Bègles dans le froid qui était en fait tout relatif, mais quand on a un appart mal isolé on sait plus trop. J’arrivais donc en nage au BT59 et passais 10 minutes à retirer des couches avant d’entrer.
Public pas très fourni, que des vieilles têtes connues, mauvais pressentiment.
Mais bon. En attendant, Scheisseberg joue en première partie, et fort. Même si c’est pas le genre de truc auquel j’adhère complètement, j’dois dire qu’ils ont la patate et ont l’air vraiment contents d’être là, merci à Robin pour le disque, je vais écouter ça plus attentivement ! Même si à mon avis, ce genre de groupe est plus à sa place dans une petite salle, et je préfère quoiqu’il arrive les caves suintantes de Bordeaux pour les concerts…. Mais c’était très bien et j’attends de revoir.
Clope dans la courette, reports de Notre Dame Des Landes de deux personnes qui s’y sont rendues le WE dernier : un mec enthousiaste, une nana qui était quand même agacée d’être tombée sur des relous machistes qui la laissaient pas planter des clous tranquille. Quand même, pincement au cœur de n’avoir pu y être… Je vire hippie.

Ha tiens ça boumeboume dans la salle. De quoi ? de la techno ?! Étrange intro électro pour les vieux punkoïdes, bon, après tout pourquoi pas. Je m’avance au premier rang, sans trop avoir à jouer des coudes… Pas de créteux en vue, merde, ils sont où ? et le pogo traditionnel hin ?
Heee je suis restée même pas le temps du premier morceau tout devant. Faut dire que c’est pas la place idéale pour avoir tous les instruments : j’entendais que la guitare, la batterie derrière, et la basse point du tout. Je prends mon équipement de montagnard, et je m’enfonce plus au milieu du public. C’est mieux. Mais j’ai pas le frisson. J’entends tout, mais y’a quelque chose qui cloche. J’ai pas la larme à l’œil à mes morceaux préférés. M’enfin ?!
C’est mou. Ça manque d’attaque, ça manque de folie. Ils ont l’air crevés. Un peu désabusés. Je sais pas si c’est dans ma tête, hin… Mais quand même. De tout le concert y’a eu à peine de mouvement devant, à peine 3 pelos qui ont vaguement dansé, c’était franchement déprimant.

Avant de les voir y’a un an au Rocher de Palmer je les avais vu au Fuzz’yon en 2010, à la Roche Sur Yon. C’est ce concert précisément qui m’avait poussée une fois de plus à aller les revoir hier. Au Fuzz’Yon il s’était passé un truc : dans le public habituel de vieux fans, y’avait un prof, qui avait trainé sa classe d’ados. Ça m’a amusée de voir leurs tronches quand NMN est monté sur scène : HO PUTAIN MERDE, DES VIEUX.
Ouais n’empêche que 5 minutes après, ils étaient tous à danser comme des dingues avec des citrons complètement réjouis. Bordel, ça a filé la grosse patate à tout le monde, la fraicheur communicative, le grand bain de jouvence ! NMN sur scène s’est transformé, du groupe attendu par ses vieux fans qui fait ce qu’on attend de lui et joue les tubes qu’on attend de lui, à qui on hurle “HO NO BRUNO !” toutes les deux secondes, il est redevenu le groupe qui me filait des grandes baffes à mes premiers concerts. Leurs tronches se sont ensoleillées, leur interprétation s’est relâchée. Y’a eu plus de pains que d’habitude, mais foutre dieu, les pains c’était la conséquence d’une toute autre énergie déployée, le retour de NoMeansNo ! Ils ont perdu en précision pour gagner un milliard de fois en patate, le sujet c’était plus de jouer du NoMeansNo mais d’offrir un putain de moment ! Là oui j’en ai eu du frisson, c’était un concert vraiment jouissif.
J’crois même qu’ils ont joué Oh No, Bruno ! alors hein.

NoMeansNo n’est pas trop vieux, c’est son public qui a besoin d’un sérieux coup de jeune.