la politique

Je suis là comme une andouille à essayer de comprendre ce tweet depuis 20 secondes, et 20 secondes pour du si petit format, c’est très long. C’est pas que je suis con, nan, enfin pas que, c’est que ce mec qui cause là je le suis pour ses partages de dessins et des fois des trucs sur l’édition, et j’ai mis un temps dingue à piger qu’il causait pas de la sortie d’un livre cool mais de politique internationale. Alors bon vas donc réussir à faire rentrer la question des relations avec la Chine et ses conséquences écologiques et les joulis dessins, comprendre que la photo là c’est pas une peinture mais un truc d’un journal quelconque pécho sur photostock pour pas avoir à payer des illus.

Bon y’en a qui y arrivent, du genre à te causer de la pénurie de papelard à cause des conneries en  plastoc que les gens achètent en ligne, ces vauriens d’ignares qui préfèrent jouer que lire, hou c’est pas bien. Je suis de la team connerie, je suis bien freinée heureusement par mon peu de moyens et le manque de place mais tu peux me croire, chez moi ça ressemblerait à un cabinet de curiosités d’un barje sous LSD, avec des crânes illuminés par des guirlandes à LED complètement cons, je suis une bien mauvaise élève et j’en suis ravie.

Je soupire et je pige qu’il parle de politique, comme un sacré paquet de gens que je suivais pour d’autre chose. Ha bah d’un coup je comprends mieux ce qu’on pouvait me dire, mais enfin tanx c’est quoi ce bordel pourquoi tu fais chier avec ces questions là nous on veut voir des joulis dessins.

Okay je comprends maintenant, PARDON PARDON c’était nul et chiant se faire daronniser comme ça, le sermon qui guète à tout bout de champs, purée. J’ai tout rangé mon bordel, remis mes crânes sur la bonne étagère, remis la politique là où il faut, remis le dessin à sa bonne place. Maintenant je me garde bien de causer politique virtuellement, pasque ça sert à rien du tout d’essayer d’expliquer une chose quand on emploie pas les mots dans leur même acception, pasque ça sert à que dalle d’essayer d’être claire quand tout le monde regarde et traque les possibles dérives à peine t’as posé un mot qui a 500 signifiants selon l’idée du monde qu’on porte, ça sert à que pouic d’espérer être comprise si on prend pas le foutu temps d’expliquer ce qu’on entend par tel ou tel terme et piger qu’on peut discuter sans être forcément raccord sur tout, Babel existe sous bien des formes, cette connasse et que de toutes manières ça sert à rien de pérorer des heures si on agit pas, d’une façon ou d’une autre. Juste je pensais comme une andouille que ce qu’on me disait là était un rejet de la politique, une espèce d’injonction à amuser la galerie pendant que le monde s’écroule autour. Sans piger que mes dessins disent aussi quelque chose heh, bah ouai.

Quand je dessine je dessine, et ma politique est là dedans aussi, pas besoin de faire un dessin à qui pigera aussi ce dont il est question, et tant pis pour les autres si iels veulent y plaquer autre chose, après tout ça les regarde (tavu comme je redécouvre l’eau tiède tous les 4 matins).

Mais c’est bien relou, l’oubli du reste dans l’envahissement de la politique sentencieuse, je me demande où se trouve le monde qu’on rêve dans cette dérive, je me demande ce qu’on espère comme ça à mêler tout et n’imp sans remettre en question sa propre place dans ce fonctionnement du monde qu’on trouve dégueulasse. Je pige pas tellement à vrai dire comment on peut décrypter des mouvements internationaux et ne pas voir ce qu’il se passe sous son propre nez comme si tout n’était pas sur la même terre et fonctionnait comme des rouages qui ne se touchent jamais. Tout le monde s’alarme en répétant les schémas qui amènent aux situations alarmantes.

Bon je vais pas y penser, ça risquerait de me faire redevenir chiante et bon sang j’y tiens à ma bonne humeur : si je suis ignare de beaucoup de choses, causer de politique en faisant des blagues c’est ma contribution à moi, mon talent, mon violon d’Ingres. Comment tu veux affronter cette merde si t’as pas autour de toi des gens avec qui aussi en rigoler, franchement, le rire c’est du carburant, juste je garde ça pour les copainEs.