la cohérence

he ben dis donc tout ça pour ça, ça me fait bien me gondoler. J’ai pas fini de maudire Casterman à m’avoir giclée du RMI en me payant une misère, ça a peur de rien jvous jure. Ça a été la merde dès que j’ai signé chez eux, et bien mal m’en a pris, ne faites jamais cette erreur. Jvoulais pas de gosses, jvoulais pas la moindre responsabilité dans ma vie et me curer le nez jusqu’à la mort, mais j’ai commis cette grossière erreur en 2007, et jme suis retrouvée gros jean comme devant rapido après ça. Même finir l’album a été pénible, vu que ces connards m’ont pas payé les dernières planches.

ha ouai j’ai jamais raconté ça tiens c’est pourtant bien parlant : au tout départ, cet album mystérieux devait être en couleurs, que je devais faire. Au bout de quelques planches jme suis dit que non, la couleur ajouterait rien alors j’ai expliqué ça à la coautrice et l’éditeur. Y’avait un détail dans l’histoire : tu touches pas le même pourcentage quand tu taffes en couleur ou en noir et blanc. Cherchez pas, c’est la logique d’éditeur, qui s’imagine que mettre de la couleur sur un dessin ou pas en mettre ça change pas le dessin et la façon de le penser, bref. Y’a 30% de la part dessinateur qui va dans la couleur. La part totale du dessinateur c’est 70% du contrat sur du noir et blanc, et en couleur la répartition est différente et le scénar est un peu bouffé. Là la coautrice voulait signer à 10 000 euros pour le tout, j’ai fait : haha lol mais ça va pas non, il a fallu qu’elle aille dans les bureaux de casterman pour piger qu’ils ont du blé, genre elle connaissait pas Tintin je suppose.

Casterman quoi CASTERMAN

enfin bon, on a réussi à pécho 15000 ce qui était pas non plus la panacée parce que pour rappel, c’est du brut et c’est un an de taf, les 10000 pour moi en réalité c’était 8000 balles environ, soit 670 euros par mois à la louche, ceci sans compter le matos. quand t’es indépendant t’as du matos, genre scanner etc et tu te tapes tout ce boulot là sans que ce soit rémunéré (ça c’est le gros pied pour les éditeurs tsais, c’est autant de blé économisé sans que ça fasse broncher grand monde et pourtant Satan sait que c’est pas donné ce genre de service). voilà pour les détails franchement chiants, mais c’est pas sans importance. Toujours est-il que passer d’un projet couleur au noir et blanc ça nécessitait un avenant au contrat, vu que la part coloriste que je devais toucher allait sauter (pour aller où that is the question à 1000 balles : dans la poche de la scénariste en partie). Kstr, la collec perrave de l’éditeur perrave casterman, était tenue par un type parachuté ici on sait pas trop pourquoi vu qu’il connaissait pas la bédé. Bon je suis pas con non plus, je dis pas que faut connaitre la bédé pour s’y intéresser mais quand un éditeur trouve que les trucs de l’Asso sont que des jérémiades de quadras (bon pas faux non plus m’enfin bon peut-on résumer ça comme ça, jvous le demande) alors que t’as biberonné leurs publis dès que t’as connu, et que ça fait complètement partie de ton univers, et que là t’es censé faire face à un éditeur qui kiffe celui là, d’univers, bon. il me comprenait tant qu’il voulait me faire faire une tournée avec Diam’s pour que je raconte ça en bédé pour situer, parce que je kiffe la musique. Pas de danger qu’il m’envoie suivre la tournée de Gasmask Terror.

Bref je disais : cette andouille a procrastiné à mort l’avenant au contrat et moi je palpais la thune toutes les 10 planches, au prix couleur. Il devait se péter la tête au champomy pendant que je ramais, surtout l’été quand ces chiens de la casse se barraient tous en vacances en “oubliant” de verser les ronds aux auteurs. Ha bon vous mangez aussi l’été et vous raquez un loyer haha mais ces gueux, ils savent pas vivre, quelle idée. Toujours est-il que la coautrice de son côté quand l’album allait vers sa fin commençait à me dire des trucs du genre : dis donc j’espère que t’as mis des ronds de côté pour la part couleur, que tu dois me reverser !

ha bah ! elle est bonne celle là, dis, une travailleuse qui raquette sa collègue ! jlui ai répondu que c’était pas à moi de lui verser sa thune et qu’elle pouvait aller chouiner dans les robes de l’autre tarte plutôt, le blé il est là. ça commençait bien évidemment à me brouter sévère, ça plus un paquet d’autres choses que j’ai la flemme de détailler, mais toujours est-il que de guerre lasse et pour qu’iels me lâchent la touffe, j’ai accepté de finir l’album sans plus toucher un rond, que ma très chère collègue allait donc toucher pour un taf déjà fait y’a des lustres. Faut pas croire, on me dit casse couilles mais c’est rien en comparaison à ce que j’ai dans le crâne, je filtre énormément de raisons à l’ouvrir bien grand, doit y avoir que 22% des sujets d’engueulade qui passent la barrière, vous voyez bien que je suis sympa, merde. J’ai donc fait 10 ou 15 planches sans un rond. et en plus ces cons là me poussaient au cul pour que je me grouille à finir, ce à quoi je répondais flegmatiquement que tout, absolument tout, passait avant ce taf, vu que j’étais plus payée donc mollo la pression regardez moi ce beau majeur que je vous dresse.

Pendant ce temps là, à la CAF, on se demandait bien ce que pouvaient être ces versements de 900 balles réguliers alors ils se sont dit que la Cahuzac, là, faudrait aller fouiner chez elle pour une petite enquête sympatoche. J’ai donc eu la visite fort agréable d’une flic des pauvres à venir fouiner mes comptes et voir mon chouette merdier des fois que je pisserais dans des gogues en or massif en me bourrant de caviar. Mon chat est venu la renifler alors que je lui répétais en boucle que c’était pas un salaire, que ça ouvrait aucun droit et que c’était du brut. Y’a pas la case. Non mais c’est des droits d’auteurs. Y’a pas la case. non mais c’est pour quelques mois grand max. Y’a pas la case. Putain de bordel de dieu de nom d’une couille. Y’a pas la case. Vu que y’avait pas la case, ils m’ont giclée du dispositif RMI, alors que je touchais plus que l’alloc logement et plus du tout les ronds du RMI. De pauvre un peu relax je passais à holalacestlamerde et les crises de panique en forte augmentation, vlan, et ces mesquins là ont fait ça juste avant la prime de noël, putain. pendant ce temps là, l’attachée de presse (!!) de mon éditeur me répétait qu’ils m’avaient bien sortie du caniveau quand même et t’as vu on paye l’hôtel ah ouai j’ai vu mais plutôt que payer 200 balles la nuit, tu me reverses ces ronds et je dors sur le canapé d’un pote ah oui mais non pas possible c’est pas les mêmes budgets. Crevarde à économiser les nouilles ouai mais crevarde dans des 3 étoiles pour des dédicaces gratosses mon vieux ! dormir en slip troué dans du dunlopillo de 52 centimètres d’épaisseur, y’avait de quoi remercier quand même merde ce que je pouvais être mesquine moi aussi dis donc.

Bref, j’étais bien ronchon comme tu peux imaginer, sortir du RMI c’était quitter la grande vie, la vie de glande, la vie où certes tu galères mais t’as au moins la tranquillité d’esprit de pas voir ce que t’aimes le plus au monde (dessiner des conneries entre deux apéros canette-chips) bousillé par le fric. Parce que ouai, une fois sortie des minimas, bah ce que tu faisais comme tu voulais et au rythme que tu voulais à peu près se transforme en gros tas de merde : faut que tu payes tout avec, et les cotiz qui ouvrent aucun droit, et la mutuelle, et la bouffe, et le loyer, et ton matos et patati patata bref : ayé tu TRAVAILLES. putain tu travailles. T’as jamais voulu et on t’as bien eue, à te faire miroiter une somme de blé qui à un moment donné t’as certes aidée, mais alors par contre le coût réel que ça a, ça, garanti qu’on t’en cause pas. Bon déjà parce que tout le temps au RMI tout le monde te faisait bien chier avec quel parasite tu es, et mes impôts, et gnagnagni, j’étais au taquet des infos à balancer dans la gueule des ptits flics, à savoir que c’est pas leurs impôts à la con qui me finançaient ma glande et que j’avais rien à secouer de leurs remontrances, et si c’était tant la belle vie pourquoi ils se foutaient pas au RMI aussi hin ? bon ben oui mon vieux, tu veux tes ptits restos et tes sorties et tes vacances et ceci cela, bon ben voilà, chiale pas t’as fait un choix, me reproche pas le mien et tout le monde sera content.

Me fritter avec des gens qui sont des potes c’est franchement relou et ça arrive très souvent quand tu te mets à gagner ta vie avec ce que t’aimes faire, parce que les gens avec qui tu taffes sont souvent des potes. C’est pour ça que je voulais plus être éditée après Attembre, et que mes dernières bédés étaient surtout faites parce que je touchais des bourses pour elles, je voulais pas gagner ma vie avec la bédé elle même. Mais les bourses, ça me fait chier tout pareil vu que c’est des ronds considérés comme un revenu, et la boucle du travail était toujours pas bousillée, même en la distordant pas mal. Jvais fêter mes 45 ans et me refoutre aux minimas, je rajeunis à l’idée d’aller me fritter à nouveau avec des assistantEs socialEs, à l’ancienne, sauf qu’en plus maintenant j’ai bien fait le tour des pièges et que je risque pas de me faire avoir deux fois, je suis bien douchée. Et au moins iels viendront pas pleurnicher que je leur brise le cœur si jgueule sur les retards, elleux, iels s’en tapent. Chuis contente, pour un tas de raisons. Mais la plus grande c’est bien celle d’avoir enfin mis le doigt sur ce qui péchait dans ma façon de vivre, après avoir bien fait le tour des solutions rocambolesques à base de braquage de banque et autres trucs dont je suis pas capable. On aurait pu s’économiser un sacré paquet de textes chiants à la con si j’avais vu la soluce que j’avais sous le nez pourtant depuis un bail, jvous jure. Z’allez avoir droit à de belles bédés dessinées à l’arrache gratosses, en plus, pasque ouai la culture gratuite réjouissante est produite par un ramassis de crevardEs qui s’en tapent de devoir raconter ce qu’il faudrait pour bien gagner des sous pour bien payer des cotiz et être bien reconnuEs par la sociaytay et qui en plusse en ont rien à battre d’avoir des médailles.
Alélouya je suis une parasite, vive la glande, vive la canette pas chère et vive les nouilles. tout le temps à dispo pour bousiller ce monde à la con, si c’est pas beau ça.

2 thoughts on “la cohérence

  1. Je retrouve la tanx que j’aimais autrefois. Je suis d’accord avec tout ce que tu as écrit.

    On s’est embrouillés parce qu’avec les mecs de libreantenne on s’est moqués quand tu foutais le bordel à angouleme mais c’est du passé oublions.

    Les pires exploiteurs qui nous ont roulé dessus c’était Melaka et sa clique (gael, kevin…)

    Tant que t’es encore sur paris j’aimerais qu’on s’explique autour d’une bière et que tu voies en face que t’as pris ma maladresse pour de la malveillance mais en fait non.

    • salut. alors on s’est pas embrouillé pour ça, tu t’es embrouillé tout seul en fait, suite à une publi qui faisait n’imp avec les travailleurs qu’il prétendait embaucher dans de bonnes conditions je me suis retrouvée entre ce journal et toi. Comme j’avais largement d’autres chats à fouetter j’ai tout envoyé péter, et toi en revanche depuis ce temps tu m’as pas lâchée d’une semelle jusqu’à ce que j’en vienne dans des moments plutôt difficiles à ne plus ouvrir ni ma boite email ni mes coms ni les réseaux de crainte de tomber sur ta logorrhée . T’as jamais, en plus de 13 ans à la louche, pensé à me foutre la paix et y’a un moment il faudrait que tu piges que c’est du harcèlement. Jusqu’à ouvrir des blogs sur ma gueule et sur d’autres, tout à tes obsessions malsaines surtout tournées contre les “SJW”. J’ai jamais voulu porter plainte parce que politiquement ça craint et surtout parce que je savais que ce problème était pas tant un truc politique ou autre qu’un souci d’obsession, strictement, qui va avec un souci psy. Et n’y vois aucune espèce de jugement parce que je considère les soucis psys comme universels, à différents degrés et dosages. J’ai cru un paquet de fois que t’avais finalement laissé tomber mais ton talent de harceleur te fait toujours réapparaitre dans les moments les plus compliqués, chose que je connais très bien aussi, cet instinct de prédateur, je l’ai vu pas mal ces dernières années avec des gens qui prétendaient bien être des amiEs et camarades, pour me piétiner encore mieux derrière des apparences de bienveillance et de soutien. Je commente là après avoir approuvé ce com mais sache que c’est la dernière fois et pour te dire qu’il faut vraiment, et j’insiste, que tu arrêtes ce cirque. Non seulement parce que c’est insupportable pour les gens à qui tu fais ça, mais aussi pour toi : la boucle obsessionnelle ça se brise, alors certes c’est pas facile mais c’est faisable, et crois moi que c’est pour le mieux, je sais de quoi je parle parce que t’as pas été le premier ni le dernier à me mettre la tête en vrac. Coupe internet, coupe les réseaux, sors et fais des trucs, y’a que là que ça peut redevenir cool et que ta vie ne soit pas que le long ressassement de tes embrouilles. La maladresse c’est une chose, mais insister aussi longtemps ça n’est pas de la maladresse non, et si je suis capable de comprendre beaucoup de choses je vais pas pour autant oublier moi comment je dois m’en sortir. Salut, prends soin de toi, mais putain lâche moi.

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