tout casser la société

Un jour on veut casser la société et un jour on la trouve pas si mal finalement. Les valses hésitations du bon travailleur qui aime son boulot en piétinement infini, fox-trot déséquilibré, lui fait empoigner par moments, brefs pics d’enflammements, la manche de son ami bizarre qui lui a tout le temps envie de casser la société, en le suppliant de faire quelque chose, lui donner un conseil, l’aiguiller dans son malheur puisqu’il a l’air de connaitre les chemins plus verdoyants.

Le type chelou que presque tout le monde a quelque part dans son carnet, tout au fond, cet espèce d’expert-mortier dont on va se rappeler l’existence quand à son tour on a bien envie d’écraser du charbon, le bon vieux pote toujours là quand la société devient horrible avec nous autres alors qu’on a tout bien fait comme y faut lui il comprend, il écoute, il encourage, il donne ses trucs de crevard, indique les impasses à éviter. C’est que ce bon bougre là, il y croit à chaque fois : ça y est putain mes potes vont me rejoindre, c’est pas trop tôt. Alors il se marre, il rigole, il fait des blagues pourries pour ses potes déprimés par leurs existences et il pense que l’An 01 est enfin là comme çà chaque fois, c’est la bonne cette fois-ci on va vraiment courir à poil dans les champs de pâquerettes.

eh bah non. Une fois le charbon bien écrasé, on le laisse à l’expert et on retourne à ce qui rend pourtant chiant comme une pluie de novembre, malheureux comme un caillou, mesquin, impatient, oublieux, rectiligne. Bon. Ça fait de la matière tu me diras. Le cycle reprend à chaque fois, le même, le pote chelou en a vraiment marre de faire du fusain c’est moche ça tâche, et y’a qu’auprès d’autres chelous dans son genre qu’il peut faire de l’aquarelle vivante et des blagues vont dans les deux sens. Guetter les petits signes de vie chez ces bons travailleurs devient trop crevant, les raviver est exténuant, il a plus trop de souffle pour attiser les braises et de toutes façons ils en tirent jamais de feu sauf à y être acculés, à ça de crever de froid.

Il hausse les épaules et retourne faire ses machins et ses trucs qu’on trouvera exotiques et sans doutes sortis d’un cerveau malade, puisque voulant éviter toute responsabilité. Quand même faut être taré c’est pas ça la vie quand on sait que le bonheur est dans un sèche-linge, à portée de main.

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