le seummet de mon art

pourquoi dessiner encore, je me demande à l’instant en découvrant ce qu’on devinait. Je baille, je mange un Monaco, je finis ma bière ouverte alors que je m’étais décidée à pas en ouvrir ce soir. Quelle incommensurable merde, à quoi ça pourrait bien servir de faire des petits mickeys encore quand j’ai juste envie de faire du land art option pyrotechnique. J’ai des envies d’espace que voulez vous c’est ça, être artiste qui vieillit, on a des envies fofolles et les gravures d’incendies sont trop petites, étriquées et presque mesquines, ça manque de souffle, ça manque d’ampleur, ça manque d’ambition.

C’est qu’aux beaux arts on me le disait déjà : travaille en grand ! en très grand ! en gigantesque ! des installations ! bon ben ok peut être qu’il faut aussi écouter les profs après tout, ça se trouve y’avait du bon là dedans.
Je pense au chef d’oeuvre de Courbet, sa participation à la destruction de la colonne Vendôme.

La france est une terre de culture y paraitrait, jvais t’en donner, moi, de la foutue culture tu vas voir.

j’invente un crossover à la hauteur de mon seum, vêtue de noir Soulages, de l’arte povera dans les poches, avec le coyote de Beuys qui court à côté, choper les matériaux de Viallat pour imbiber de la toile, allumer avec le briquet de Fischli & Weiss, et voir toute cette merde s’embraser.