la libertay d’ayprayssion

ce matin (oui) j’écoutais ceci, sur mon Gotlib d’amûr, rhâ lovely, sa vie son oeuvre et des intervenantEs plus ou moins intéressantEs. Y’a Brétecher, rien que pour ça ça vaut le coup d’ouïe. Un passage m’a complètement énervée, je ne sais plus qui était l’intervenant, mais il parlait de censure, celle du bas (prenons un air étonné).
Le mec part à causer de cette “censure” avec tous les poncifs qu’on peut se farcir depuis maintenant des lustres et des lustres, charlie hebdo, siné, tout en vrac, et finit sur la fameuse caricature du NY times, qui provoqua machine arrière du journal, qui a décidé alors que reprendre la main sur les propositions de dessin, en bref : de jouer à nouveau son rôle de comité de rédaction pour avoir la maitrise de ce qu’il s’y raconte. Cette histoire, je sais pas si vous vous en souvenez, avait soulevé chez beaucoup de dessinateurs et dans le monde de l’édition et de l’image une indignation parfaitement à côté de la plaque puisque l’illustration en question était purement et simplement antisémite. Il a été question de censure, et ceci totalement hors de propos et sans considération aucune pour le contenu de l’image incriminée. Là où ça pique particulièrement, c’est ramener cette histoire dans une émission sur Gotlib, où il est notamment question de son autobiographie absolument géniale qu’il faut que vous lisiez à tout prix “j’existe, je me suis rencontré”, où il aborde -oserais-je à mon tour un poncif en parlant de “pudeur”, oui- son passé d’enfant juif caché sous l’occupation. Qu’on ose parler de l’histoire de cette illustration antisémite dans le cadre d’une émission sur Gotlib a de quoi retourner les sangs. Et toujours, ce ton parfaitement sûr de lui pour étaler une pensée très pauvre sur la censure pour ça, ça fait tiep comme disent les jeunes. Ça fait tiep, et c’est surtout dangereux, et c’est une autoroute pour toute les banalisations au nom de la liberté d’expression dévoyée et tronquée de tout contexte, politique ou autre. Honte à ces pseudos spécialistes, heureusement que Gotlib n’est plus là pour entendre pareilles sornettes.

(et on me fait savoir qu’il existe une adaptation audio de l’autobio de Gotlib ici)