balade

Je finissais le grand tour du grand pâté de maison, je le prolongeais encore (je vais finir par faire le tour du périph à force de cercles concentriques), et je me suis posée, benèze, sur les marches pour fumer ma 246è roulée de la journée, ou la 15è de ma nuit, c’est selon. je regardais la seine rouler et des bus couler.
Y’a dégun, comme on dit sous d’autres latitudes, je me disais en savourant l’étrangeté. je soufflais mon nuage quand une présence se fit sentir, sur ma droite. Je relevais la tête et un mec était là, et me faisait un signe. Il s’approchait pas plus. ça se trouve, je me suis dit, il faisait des grands gestes depuis 10 mn que j’étais déjà là le pauvre, alors que je remuais la tête sur Cypress Hill à fond dans les écouteurs.
Alors j’ai retiré lesdits écouteurs PLOP PLOP. J’ai senti une tension, une hésitation, une crainte. Le regard de l’homme debout un peu en arrière de ma petite personne assise disait “je viens en paix” j’ai souri, encourageante, 5 jours que j’ai parlé à personne en vrai à part “bonjourmercibonsoirboncourage” en achetant mon indispensable stock de Monaco à auchan. le type, toujours avec son regard un peu triste au fond, m’a demandé si j’avais du feu. j’ai dit oui, parce que j’en ai eh oui, ces temps ci il faut pas oublier son feu pasque macache pour en trouver dehors, c’est déjà de l’ancien temps, de jadis, de naguère, la preuve. Il devait me considérer comme une oasis au milieu du désert, ce type, si ça se trouve.

Et j’ai tendu le bras au maximum avec le briquet au bout coincé entre mes doigts épais de paysanne, et il a tendu le bras au maximum, frêle et enrobé du molleton douillet d’un hoodie gris, chapelle sixtine des oiseaux de nuit sur ce parvis désert, que j’en eu un frisson presque érotique et un rien goth.

2 thoughts on “balade

  1. en un rien de privation, chaque geste, attitude, semble revenir par sa simplicité quelque chose d’important et revenu d’un autre temps…

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