Sylvaine contre les gens contre le coronavirus (bibliothèque verte)

 

Fraichement débarquée de mon biplan, au seuil apocalyptique de l’humanité et sous ma peau de bison, je réfléchis, recluse, à comment sortir mes congénères de la dépendance à la vaine modernité sans avoir à les approcher à moins d’une longueur de bras de calamar géant.
Le virus est un cri de la Nature, une vengeance qui s’exprime par le biais inattendu du pangolin. Il n’existe pas de rébellion ridicule, me dis-je, il n’existe pas de raison de penser que le pangolin n’est pas majestueux aussi, et son courage force le respect.

 


Le café est passé et je le bois comme un remède au trouble de mon âme, comment faire pour transmettre ma sagesse à cette humanité débilisée par des écrans pullulant de virus, suis-je contrainte à mon tour de détourner ces outils. Va, me dis-je à moi-même, surmonte ta répugnance, la Terre l’exige. J’observe mon téléphone, hésitante. M’en servir pour prodiguer mon savoir ou en dévorer le lithium, telle est la question qui me taraude.