la fin du chapitre (espérons)

bon on dirait que ça y est tout le bordel est bel et bien fini. Marsault prend de la distance, enfin plutôt Ring le met à l’écart le temps que ça se tasse en bons tacticiens qu’ils sont, faudrait pas que ça vienne trop entacher l’image respectable qu’ils essaient d’avoir, mais ça ne leurre pas grand monde. Pas même les fafs. Le problème de la complaisance pour l’extrême droite n’en est pas réglé pour autant, mais ça n’est pas le point de ce texte.

J’aimerais dire quelque chose, sur ce mois qu’on vient de passer, avec mes camarades antifascistes, à essuyer la merde (et sans doute qu’il subsiste des traces chez les copains-copines, j’en vois encore de mon côté quelques unes)
Les fascistes ont personnifié le problème, vieille technique aussi éprouvée dans le patronat :
désigner une cible, l’isoler, a plusieurs fonctions.
D’abord détourner le problème, ainsi ça serait moi qui aurais ce pouvoir immense de faire annuler des expos et des dédicaces (si ça marche dans ce sens j’aurais du songer à appliquer ça dans l’autre pour moi mais bizarrement ça marche pas hu hooo)
ensuite l’intimidation : si vous ouvrez vos gueules, c’est ce qu’il vous arrivera.
Et enfin et je crois pas que ce soit la moindre des choses : désigner un-e seul-e responsable efface le nombre et la solidarité qui va avec. c’est tristement classique et ça se voit tout le temps.
se solidariser, rappeler ça, est important : les gens à avoir agi ne l’ont pas tous fait frontalement, à découvert. Je ne suis pas seule, loin de là, à avoir ouvert ma gueule. Selon les situations, on choisit de parler ouvertement ou d’agir plus discrètement. à chacun selon ses moyens comme disait pépé.
j’ai une visibilité (même très relative) qui me protège un peu. j’ai une vie publique par mon travail qui me donne la possibilité d’ouvrir ma gueule sans trop craindre les conséquences (toujours relativement). Le facho est une ordure, et une ordure qui s’attaque aux cibles faciles.

dans les gens à avoir réagi, il y avait des travailleurs et travailleuses précaires, qui se sont exposéEs, et c’est plus difficile, ô combien, de s’exposer ainsi en sachant qu’on a pas forcément le réseau ou la visibilité pour se défendre face aux conséquences, et qu’en plus on a une vie à mener avec un taf (un vrai hahaha… enfin tu vois ce que je veux dire, l’artiste bien qu’il passe son temps à chouiner qu’il est malheureux a des avantages certains dont il ferait mieux de prendre conscience).
Les fachos ne veulent pas voir cette solidarité là, parce que cette solidarité ils ne l’ont pas, eux. Au moindre pépin ça se débine dans tous les sens pour sauver son petit cul. Nous avons ça, et il faut se souvenir que c’est important parce que sans cette solidarité je n’aurais pas été aussi posée pour gérer la merde qui est inévitablement arrivée ensuite, et je pense que c’est le cas de celles et ceux qui se sont exposéEs aussi je l’espère.
Posée ne veut pas dire que c’est facile, mais savoir qu’on se serre les coudes et qu’on fait attention aux autres est précieux dans de tels moments. On arrive même à rire de tout ça. Et tout ce que j’espère maintenant c’est rencontrer IRL tout ce petit monde parce que putain (j’avais pas encore écrit “putain”) j’ai bien envie de trinquer avec elles et eux.

Merci à elles et eux, vous vous reconnaitrez je suis sûre, je n’ose pas vous nommeer parce que je ne sais pas si vous voulez vous exposer. Je vous fait, bien des bisous antifascistes chaleureux .

One thought on “la fin du chapitre (espérons)

  1. Bravo, vraiment merveilleux à lire, je suis de tout cœur avec vous, vous avez mille fois raison, la solidarité est le nerf de cette lutte. Je salue votre courage, la persévérance de votre détermination à travers votre éthique à combattre l’obscurantisme, l’isolement, le repli, la violence, etc…Vous êtes une grande gueule d’insoumise, une dame de caractère et de cœur qui apporte de la couleur et une lisibilité d’action et de voix à tous ceux qui ont encore le vieux réflexe de survie dans le silence des pantoufles.

    L’intolérable est devenu commun aujourd’hui, ça suffit !! Ya Basta !

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