ANNONCE

je propose un service inédit à la bourgeoisie éplorée qui pleure le sort du prolétariat, attention y’en aura pas pour tout le monde mais je suis à peu près sûre que du prolétaire et lumpenprolétaire en rade, c’est pas trop ce qu’il manque et que ce modèle peut être développé dans la startup nation que nous sommes :
Je te propose, compagnon bourgeois, d’alléger ta peine qui me tord le cœur, ho tant et tant que je ne peux rester sans rien faire.
Aussi voici ma proposition : fais moi un bail avec ton charmant petit appartement qui te sert une fois par an et encore, fous toi de mon statut, de mes revenus, de mes garants et de l’âge de l’oncle de ma mère, fous toi éperdument que je suis une satanée artiste voire trouve ça charmant.
Parait-il que ça fait bien dans les cocktails de connaitre quelque scribouilleurs de basse souche, aussi je propose un arrangement pour les besoin de brillance occasionnels, en guise de loyer.
Ma spécialité c’est punk de campagne, selon les goûts je peux forcer sur les A prononcés “ô”
-deux options : veste à patch ou perf, à composer selon la météo.
D’autres options sont envisageables et à mettre au point comme par exemple :si tu souhaites que je parle de la qualité du vin selon l’orientation que tu souhaites : te gausser de ma méconnaissance de gueuse ou t’esbaudir de sa fraicheur. fonctionne avec de l’IPA de collection. Si tu souhaites sortir une 8.6 de ta poche pour faire proche du peuple, la canette sera à ta charge.)
Compagnon bourgeois, je te propose de t’alléger ton fardeau sans qu’il ne te coûte la moindre manif parmi les gueux : loue moi un appartement. Tu peux aussi me le donner, pardi, mais je sais ô combien, que tu as du travailler dur et combien de smic tu as du empiler chez carrouf pour te les payer, je suis pas chienne et j’ai un coeur.
Ma messagerie privée est ouverte aux propositions, hésite pas mon boubourge (petit nom à convenir ensemble bien entendu), ça me ferait trop plaiz de rendre service.

ecce houmous

 

J’enjambe le chat, j’attrape du bout des doigts le sopalin sur la cheminée où y’a mes produits en vrac sous un plastique CANSON censé rester propre pour mon papier le temps qu’il s’imprègne d’eau. Je lève les bras haut pour ne pas me cogner dans le plateau de ma presse, je marche en crabe pour atteindre le petit bout de table où une vitre trop petite a recueilli l’encre étalée, j’encre en retenant la vitre avec une main et mon rouleau est trop grand pour l’autre, j’inspire profondément encore pour pas tout envoyer par la fenêtre, je me cogne dans un fauteuil dans le passage où j’ai posé le papier sur un carton format raisin, en équilibre sur les accoudoirs. J’encre le lino, la lumière éclaire tout autour de la tête et rien devant mes yeux, mon ombre suit mon rouleau et je l’engueule, je pose comme je peux le rouleau, en dégueulassant le coin de table pas adapté, je saisis un coin du papier, en exécutant ce que je préfère voir comme une gracieuse torsion, le format raisin humide ploie, je pose le petit côté sur mon repère. Je bouge la presse pour laisser la place au plateau lors de son déplacement. Je me saisis à nouveau d’un coin du papier, de l’autre côté ce coup-ci, et le lève délicatement. Je me déplace vers l’étendoir, 75cm à vue de nez, avec juste un tas de câbles au sol. Je regarde le tirage et comme d’habitude il est superbe, fin, l’encrage est bon et uniforme, la taille subtile et l’ensemble équilibré.

Je pense aux schémas dans mon vieux livre sur les techniques d’impression, qui donnent des exemples d’ateliers bien pensés, l’humide dans un coin, le sec dans l’autre, de la place et des plans de travail dégagés, en mangeant mon houmous au dessus de la seule toute petite table encombrée et en admirant mon chef-d’œuvre.

romance à la française

y’a des jours t’es retournée alors que tu pensais juste acheter unepompe à vélo à decath, on a l’aventure à hauteur de son ambition. Belzébuth qui pourrit depuis des semaines piaffe de ne pas pouvoir visiter Notre Dame de nuit et je me languis de pas avoir mal au cul sur sa selle. Alors que j’attendais qu’on vienne me sortir un foutu ticket sur les caisses qui n’ont d’automatique que les emmerdes qui vont avec, je me figeais d’un coup, tétanisée, un frisson me parcourant de là à là, selon l’axe épinier.

Bon sang de bordel de merde. Grave, posée, sortant d’un coffre résonnant comme une nef, suave mais ferme, assurée mais rassurante, le top du must de la crème des voix jamais entendues dans ma vie et Satan sait que j’ai du en endurer des voix. J’ai pas pu résister, j’ai du me retourner et dévisager de qui ça pouvait bien sortir. Le mec m’a regardée, j’ai cru me liquéfier, j’avais envie de me jeter à ses pieds en le suppliant de me susurrer des trucs à l’oreille, une liste de course, un agenda ministériel ou même le journal de Lutte Ouvrière tu te rends compte.
j’avais envie de le suivre partout demander des conseils en chaussettes de foot, je remarquais les enfants dont il était affublé : j’étais choquée qu’on sorte son organe comme ça devant ses mômes, tranquillement, et qu’on s’étonne qu’on se retourne éberluée quand on ose exhiber ainsi ses atouts. J’ai jamais été trop sainte Nitouche mais quand même, on fait pas ça n’importe où, y’a des concerts pour ça, merde.

Message personnel

Hello,
if -by chance- my old friend Tom Holliston sees this message : could you please send me a note ? I’ve lost your contact, and I’m as sad as a poor little rock can be, because I have something to send to you.
I hope you are well, XO